Fermeture de l’espace aérien en Ukraine : "L’Otan a refusé" pour éviter "un risque de troisième guerre mondiale", indique le président du Conseil européen

Charles Michel, président du Conseil européen, était l'invité de Questions politiques ce dimanche.

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Charles Michel, président du Conseil européen, invité de Questions politiques dimanche 6 mars 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"L’Otan a refusé" la demande du président ukrainien Volodymyr Zelensky de mettre en place une zone d’exclusion aérienne en Ukraine, "parce que poser cet acte-là dans les circonstances actuelles sera considéré comme un acte de guerre de l’OTAN et donc un risque de troisième guerre mondiale", affirme Charles Michel, président du Conseil européen, invité de Questions politiques dimanche 6 mars.

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Vladimir Poutine a d'ores déjà averti considérer "comme une participation au conflit armé" la mise en place par tout pays d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine. Si elle ne se plie pas à ses exigences, l'Ukraine pourrait perdre son "statut d'Etat", a-t-il menacé. Moscou réclame notamment un statut "neutre et non nucléaire" pour le pays et sa démilitarisation, ce que Kiev, qui cherche à adhérer à l'Union européenne et à l'Otan, juge inacceptable.

"L’Europe n’abandonnera pas l’Ukraine, parce que abandonner l’Ukraine, c’est abandonner les valeurs européennes."

Charles Michel

à franceinfo

"Il est certain qu'on doit maintenir le canal diplomatique même si à court terme les espoirs sont limités", a-t-il poursuivi, alors qu'Emmanuel Macron doit de nouveau s'entretenir avec son homologue russe. "Une dizaine de villes principales sont assiégées ou encerclées en tout ou partie", souligne Charles Michel, qui assure que l’Union européenne "tente d’engager la Russie dans des pourparlers directs pour qu’il y ait au minimum, un peu de respect pour les questions humanitaires".

"On doit faire preuve de sang-froid, on doit être intelligent, faire preuve de fermeté."

Charles Michel

à franceinfo

"C'est l'ADN de l'Union européenne, on pense que le dialogue doit toujours être possible, conclut à cet égard le président du Conseil européen. C'est en cela que le président Emmanuel Macron et d'autres sont engagés pour maintenir un fil fragile, étroit, ténu, avec de la frustration. On voit bien que jusqu'à maintenant tous les efforts n'ont pas permis d'aller jusqu'à une désescalade, n'ont pas permis de cesser les hostilités."

"Volodymyr Zelensky [le président ukrainien] m'a dit que si on ne pouvait pas mettre en place une zone d'interdiction aérienne au-dessus de l'Ukraine, il fallait au minimum livrer des armes. Cela montre que quand on est confronté à l'essentiel, l'Europe peut parfois agir vite et fort." La facilité de paix qui donne la possibilité de livrer des armes "n'avait jamais été utilisée" avant cela. "L’Europe doit développer plus de capacités stratégiques, d’autonomie, d’indépendance, c’est cette idée d’être moins dépendants pour que l’Union européenne prenne plus et mieux son destin en main." Ces questions seront évoquées lors du sommet de Versailles les 10 et 11 mars prochain.

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