Brexit : du référendum de 2016 à l'accord trouvé ce jeudi, les onze grandes dates de l'interminable sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne

Un accord commercial entre l'Union européenne et le Royaume-Uni a été officialisé, à la veille de Noël, à quelques jours de la fin de la période de transition.

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Les drapeaux britanniques et européens brandis lors d'une manifestation le 21 septembre 2019 à Brighton (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Ils l'ont fait ! L'Union européenne et le Royaume-Uni ont trouvé un accord commercial sur l'après-Brexit, jeudi 24 décembre, et vont donc éviter le cauchemar du "no deal". Du référendum de 2016 en faveur de la sortie de l'UE aux longues négociations qui ont conduit à un accord de dernière minute, rappel des principales étapes du divorce mouvementé entre le Royaume-Uni et Bruxelles.

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23 juin 2016, le "oui" l'emporte

Ce jour-là, les Britanniques votent en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Le lendemain, le Premier ministre conservateur David Cameron, à l’origine du référendum, démissionne. "J’y pense tous les jours (…) et le fait que nous ayons perdu et les conséquences (…), et je m’inquiète désespérément de ce que réserve l’avenir", confie-t-il au Times en 2019. Il est remplacé par Theresa May, une eurosceptique qui a toutefois voté contre le Brexit.

29 mars 2017, début du processus

Le 29 mars 2017, Theresa May active l'article 50 du Traité de Lisbonne, enclenchant le processus de sortie de l'UE, censé alors aboutir deux ans plus tard. Pour asseoir son autorité, elle convoque des législatives anticipées. Mais, elle perd sa majorité le 8 juin, ce qui la contraint à s'allier avec le petit parti unioniste nord-irlandais ultraconservateur DUP.

13 novembre 2018, premier accord avec l'UE

Plus d'un an plus tard, les négociateurs britanniques et européens concluent un accord de sortie, approuvé le 25 novembre lors d'un sommet européen extraordinaire. Mais cet accord va être rejeté trois fois de suite (le 15 janvier 2019, le 12 mars 2019 et le 29 mars 2019) par les députés britanniques. S'ensuivent deux reports, le 22 mars et le 31 octobre. Dans l'impasse, Theresa May est contrainte d'organiser les élections européennes le 23 mai. Le lendemain, elle annonce qu'elle démissionnera le 7 juin.

23 juillet 2019, Boris Johnson Premier ministre

Partisan d'un Brexit au 31 octobre, avec ou sans accord, Boris Johnson est désigné par le Parti conservateur pour succéder à Theresa May, le 23 juillet 2019. 

17 octobre 2019, nouvel accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne

Le 17 octobre, l'UE et le Royaume-Uni annoncent être parvenus à un nouvel accord. Le 22, le Parlement britannique entérine le principe de l'accord, mais vote contre son examen en accéléré. Boris Johnson convoque des élections législatives anticipées pour sortir de l'impasse. Il remporte haut la main le scrutin, avec une majorité inédite pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher : 365 députés sur 650. Le 28 octobre, les 27 accordent au Royaume-Uni un report jusqu'au 31 janvier 2020.

9 janvier 2020, l'accord voté

Là où Theresa May avait échoué trois fois, Boris Johnson réussit le 9 janvier à faire approuver ce nouvel accord de Brexit par la Chambre des communes renouvelée. Le texte est ratifié le 29 par le Parlement européen.

31 janvier 2020, sortie officielle de l'UE

Le 31 janvier, les Britanniques quittent formellement l'UE. Ils entrent dans une période de transition jusqu'au 31 décembre 2020, pendant laquelle ils continuent d'appliquer les normes de l'UE. Début mars, les deux parties entament les négociations sur leur future relation commerciale et sécuritaire, avec l'objectif d'arriver à un accord de libre-échange sans quotas ni droits de douane. Perturbés par la pandémie de Covid-19, les pourparlers butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable.

1er octobre 2020, le Royaume-Uni en infraction

Le 1er octobre, l'Union européenne déclenche une procédure d'infraction en réaction à l'annonce du gouvernement britannique datant du 9 septembre. Ce jour-là, le Royaume-Uni avait annoncé son intention de revenir sur certains de ses engagements pris au moment du Brexit concernant l'Irlande du Nord.

15 octobre 2020, l'UE demande des concessions

Le 15 octobre, les 27 demandent à Londres de faire des concessions pour arriver à un accord commercial. En réponse, Boris Johnson décrète que les négociations sont terminées et demande aux Britanniques de se préparer à un "no deal". Après une semaine d'impasse, le négociateur européen, Michel Barnier, déclare que les deux parties devront faire des compromis et assure qu'un accord respectera la souveraineté britannique. Les discussions reprennent le 22 octobre de manière intensive. Censées se terminer avant novembre pour pouvoir appliquer un éventuel texte à temps, elles ne cessent d'être prolongées.

8 décembre 2020, début d'accord entre Londres et Bruxelles

Au début du mois de décembre, les 27 et le Royaume-Uni annoncent un accord sur l'application des dispositions douanières et fiscales spéciales pour l'Irlande du Nord. Le gouvernement britannique retire les articles de sa loi contestés par l'UE. A la veille de Noël et à l'issue d'une ultime nuit de pourparlers, Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devaient, jeudi, s'entretenir par visioconférence dans l'espoir d'arracher un compromis. A une semaine de la fin de la période de transition.

24 décembre 2020, "the deal is done" !

Alors qu'on ne l'attendait plus, Londres et Bruxelles annoncent avoir trouvé un accord, quelques heures avant le réveillon de Noël, qui leur permettra d'éviter in extremis un "no deal""Cet accord protégera les intérêts européens et cet accord est aussi, je le crois, dans l'intérêt du Royaume-Uni", s'est félicitée la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. 

Boris Johnson s'est lui félicité d'avoir conclu "le plus grand accord commercial à ce jour, représentant 660 milliards de livres par an, un accord global de libre-échange sur le modèle canadien entre le Royaume-Uni et l'UE". Il déclare que les Britanniques ont ainsi "repris le contrôle de leurs droits et de leur destin", mais aussi de leur législation. 

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