Fusillade à Copenhague : ce que l'on sait de l'attaque qui a fait au moins trois morts dans un centre commercial de la capitale danoise

Le principal suspect, un Danois de 22 ans, souffre d'"antécédents psychiatriques". Selon la police locale, il a agi seul dimanche avant d'être arrêté et placé en détention provisoire dans une "unité psychiatrique fermée".

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Des rescapés de la fusillade devant le centre commercial Field's à Copenhague (Danemark), le 3 juillet 2022. (OLAFUR STEINAR RYE GESTSSON / RITZAU SCANPIX / AFP)

Le pays n'avait pas connu un tel drame depuis 2015. A peine sorti de la ferveur du Tour de France, le Danemark est endeuillé après une fusillade qui a fait trois morts et quatre blessés graves dans un centre commercial de la capitale, Copenhague, dimanche 3 juillet. La police étudie à présent les motivations du principal suspect, un jeune Danois interpellé sans violence et placé en détention provisoire dans une unité psychiatrique lundi 4 juillet. Voici ce que l'on sait après cette attaque.

Trois morts et quatre blessés graves dans un centre commercial

La police de Copenhague a reçu des premiers signalements d'une fusillade dimanche vers 17h30, d'après l'inspecteur en chef Soren Thomassen. Des coups de feu ont retenti dans le centre commercial Field's, l'un des plus grands de toute la Scandinavie, situé entre le centre-ville de la capitale danoise et l'aéroport.

Les premiers tirs ont provoqué un mouvement de panique. Des vidéos amateurs montrent des visiteurs se ruant à l'extérieur de la galerie commerciale, tandis que d'autres ont été contraints de se cacher dans des magasins. "Nous étions sur le point de commander à manger, puis nous avons entendu des coups de feu", a raconté un témoin à franceinfo. "J'ai dit à ma fille qui était assise de s'allonger par terre, puis on s'est précipités dans les toilettes pour handicapés", raconte le rescapé, qui ajoute : "On a fermé la porte, et on est restés là peut-être une heure trente." Des témoins affirment à des médias danois que le suspect a tenté de piéger des victimes, en disant par exemple que son arme était fausse pour les inciter à se rapprocher.

La fusillade a fait trois morts : un adolescent et une adolescente danois de 17 ans, ainsi qu'un Russe de 47 ans qui vivait au Danemark, a précisé la police lundi. L'attaque a également fait quatre blessés graves : deux Danoises de 19 et 40 ans, un Suédois de 50 ans et une Suédoise de 16 ans. L'inspecteur en chef a ajouté que d'autres personnes avaient été légèrement blessées dans le mouvement de panique, sans préciser leur nombre.

Une cellule de crise et un centre de prise en charge psychologique ont été mis en place, a fait savoir la maire de Copenhague, Sophie Haestorp Andersen. Un important dispositif de police a été déployé sur les lieux des tirs et dans plusieurs endroits de la capitale.

Un Danois de 22 ans "connu pour des antécédents psychiatriques" placé en détention provisoire

Le principal suspect a été arrêté sans violence à 17h48, après l'arrivée des forces de police aux abords du centre commercial. Il s'agit d'un jeune homme de 22 ans dont le nom n'a pas été rendu public. Il était connu des services de police "mais seulement de façon périphérique".

"Nous sommes convaincus que l'homme que nous avons arrêté est le responsable", a précisé Soren Thomassen, ajoutant qu'"il avait en sa possession un fusil et des munitions pour ce fusil sur lui", selon la télévision danoise TV2. Il doit être mis en examen pour meurtre et interrogé lundi par la police de Copenhague pour éclaircir certains points. D'après les enquêteurs, "rien n'indique qu'il a eu des complicités" ou "qu'il s'agisse d'un acte terroriste"

La police a assuré que l'auteur était "connu pour des antécédents psychiatriques". Elle a confirmé l'authenticité de vidéos qui circulent depuis dimanche soir sur les réseaux sociaux, dans lesquelles le suspect apparaît avec des armes, mime des gestes de suicide ou évoque un traitement avec un médicament puissant, prescrit en psychiatrie, "qui ne marche pas". Le suspect a agi seul et a choisi ses victimes "au hasard", a affirmé le chef de la police locale. Le tribunal de Copenhague a ordonné le placement en détention provisoire "dans une unité psychiatrique spécialisée", a annoncé la police lundi sur Twitter.

La Première ministre danoise dénonce un acte "incompréhensible" et "insensé"

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a dénoncé une "attaque cruelle" visant "des familles innocentes sorties faire les magasins ou manger. Des enfants, des jeunes et des adultes." "Nous avons tous été brutalement arrachés à l'été joyeux que nous avions juste commencé", a écrit la responsable dans un communiqué, déplorant un acte "incompréhensible. Déchirant. Insensé." La famille royale du Danemark a également publié un communiqué dans lequel elle transmet ses "pensées et plus sincères condoléances" à toutes les personnes affectées, et appelle à "l'unité".

De son côté, l'organisateur du Tour de France (ASO) s'est dit "particulièrement choqué et attristé par le drame qui vient de frapper Copenhague", alors que la Grande Boucle, qui s'est élancée de la capitale danoise vendredi, a disputé dimanche sa troisième et dernière étape dans le pays. ASO souligne dans un court texte que les habitants de Copenhague "avaient réservé aux coureurs l'un des accueils les plus fantastiques de l'histoire". Des coureurs se sont également exprimés à titre individuel, comme l'Allemand John Degenkolb ou le Canadien Michael Woods.

Le chanteur Harry Styles, qui devait donner un concert dimanche soir à la Royal Arena de Copenhague, à moins d'un kilomètre du centre commercial où les faits se sont déroulés, a finalement annulé sa représentation. "J'ai le cœur brisé", a tweeté l'artiste britannique, "anéanti pour les victimes, leurs familles et tous ceux qui souffrent".

Les fusillades sont rares au Danemark : le nombre de morts par armes à feu dans le pays dépassait tout juste une personne pour 100 000 habitants en 2018, selon l'université de Sydney, contre 2,42 pour 100 000 habitants en France en 2016, par exemple. La capitale danoise n'avait plus connu de fusillade depuis les attentats à motivation islamiste des 14 et 15 février 2015, qui avaient eux aussi fait trois morts.

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