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Allemagne : les défis qui attendent Angela Merkel

La chancelière va rempiler pour un troisième mandat. D'importants défis l'attendent, car le miracle économique allemand n'est pas éternel et nécessite d'importantes réformes.

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La chancelière allemande Angela Merkel lors d'un meeting de la CDU, le 16 septembre 2013 à Potsdam (Allemagne). (FABRIZIO BENSCH / REUTERS)

Un taux de chômage très faible et des comptes publics excédentaires font de l'Allemagne le bon élève de la zone euro. Mais Berlin ne doit pas se reposer sur ses lauriers. Angela Merkel, qui a remporté les élections législatives dimanche 22 septembre, a une lourde tâche qui l'attend. Francetv info revient sur les défis qui attendent la chancelière, qui rempile donc pour un troisième mandat.

Relancer la démographie

C'est le talon d'Achille de l'Allemagne, note Geopolis. La population allemande devrait passer de 82 à 70 millions d'ici à 2060, selon les estimations de l'OCDE. Un phénomène qui s’explique par la baisse de la natalité dans le pays, qui n'assure pas le renouvellement des générations. 

L’impact de cette évolution se fait déjà sentir et les entreprises se battent pour embaucher les jeunes diplômés. Il faudrait à l'Allemagne près de 200 000 immigrés par an pour compenser les besoins, selon Le Figaro

Résultat, une étude récente a montré que les entreprises allemandes craignaient des répercussions négatives sur l’innovation et la productivité du travail, sans parler des coûts salariaux, rapportent Les Echos. Les pouvoirs publics ont commencé à réagir : ils ont décidé de porter l’âge de la retraite à 67 ans et proposé la construction de 750 000 places en crèche.

Relancer l'investissement

Routes défoncées, ponts qui s'écroulent, connexions internet lentes : contrairement aux idées reçues, l'Allemagne, première économie européenne, souffre d'infrastructures souvent en mauvais état par manque d'investissements, rappelaient en août Les Echos. D'après un rapport des Länder, près de 20% des autoroutes et 41% des routes nationales ont ainsi atteint un seuil critique de vétusté.

Si l'Allemagne affiche un budget structurel à l'équilibre, grâce à sa discipline, elle souffre aussi d'un sérieux déficit d'investissements qui devra être comblé dans les années à venir pour maintenir sa croissance. Tous les partis politiques en sont conscients et promettent de renouer avec les investissements pour éviter une perte de compétitivité. Selon l'institut économique DIW, il faudrait au moins 6,5 milliards d'euros en plus par an pour combler le retard.

Limiter les emplois précaires

En campagne pour les législatives, la chancelière Angela Merkel s'est régulièrement vantée du fait que son pays affiche l'un des taux de chômage les plus bas d'Europe (6,8% en août). Mais il y a un revers à la médaille. Cette bataille de l'emploi s'est faite au prix d'une précarisation sans précédent d'une partie des salariés. Dans la première économie européenne, plus d'un salarié sur cinq, soit près de 7 millions de personnes, gagnait en 2011 moins de 8,50 euros de l'heure, selon l'Institut de recherche sur le travail (IAQ) de Duisbourg Essen. En France par exemple, le salaire minimum atteint près de 9,50 euros.

L'essor des faibles rémunérations a accompagné celui des emplois précaires : CDD, petits temps partiels, intérim et "minijobs", des contrats dispensés de charges sociales dont la rémunération est plafonnée à 450 euros par mois. L’instauration d’un smic est donc la principale revendication des sociaux-démocrates et des syndicats. Si Angela Merkel dénonce "des salaires parfois inacceptables", elle refuse pourtant d'imposer un salaire minimum généralisé, dispositif qu'elle accuse d'être responsable du chômage en Europe.

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