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Berlin : l'attaque meurtrière vient rappeler à l'Allemagne qu'elle est une cible

Le bilan provisoire de l'attaque au camion, qui a frappé Berlin lundi soir, s'élève mardi matin à douze morts. La police parle d'une "probable attaque terroriste". Voilà plusieurs mois que l'Allemagne est une cible privilégiée.

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Radio France
Publié Mis à jour
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Un policier près du lieu de l'attaque au camion, qui a frappé Berlin (Allemagne) le 19 décembre 2016 (JOHN MACDOUGALL / AFP)

La police de Berlin évoque une "probable attaque terroriste" mardi 20 décembre, au lendemain de l'attaque au camion, qui a frappé la capitale allemande. Un véhicule de 38 tonnes a délibérément foncé sur la foule massée sur le marché de Noël de la Breitscheidplatz, lundi soir, faisant au moins douze morts. Le drame intervient dans un contexte de multiplication des attaques ou tentatives d'attaques terroristes en Allemagne.

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Dernier épisode en date : vendredi dernier, à Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat), un garçon de 12 ans, "radicalisé", d'origine irakienne, est accusé d'avoir voulu faire exploser une bombe à clous à deux reprises, entre autres sur un marché de Noël. Fin novembre, un agent du renseignement intérieur, islamiste présumé, était interpellé. En octobre, un réfugié syrien était arrêté : il voulait s'en prendre à l'un des aéroports de Berlin. 

Plus de 800 départs pour la Syrie ou l'Irak

Les alertes s'étaient accélérées cet été. Le 19 juillet, pour la première fois, le groupe État islamique revendiquait un attentat sur le sol allemand, au lendemain d'une attaque à la hache dans un train en Bavière. Une nouvelle revendication intervient le 25 juillet : toujours en Bavière, un Syrien de 27 ans, débouté de sa demande d'asile, se faisait exploser dans le centre-ville d'Ansbach.

Si l'Allemagne participe de manière très réduite à la coalition militaire contre l'État islamique, elle a pris des "positions très claires en matière de lutte contre le terrorisme", souligne Anne Giudicelli, fondatrice du cabinet en conseil de sécurité Terr(o)risc. Plus de 800 personnes ont quitté le pays pour aller combattre en Syrie et en Irak aux côtés des jihadistes. Les autorités en ont vu revenir 250. Sur internet, les appels en allemand à attaquer le pays se sont multipliés.

La "retenue sécuritaire" allemande

Aux yeux des réseaux terroristes, France, Allemagne et Belgique constituent une seule et même zone d'action. En février, la reddition d'un Syrien en France avait ainsi permis de démanteler une cellule terroriste de trois autres islamistes radicaux, qui étaient entrés en Allemagne en tant que migrants. Ils projetaient de commettre un attentat-suicide dans le centre-ville de Düsseldorf.

Malgré ces nombreuses alertes, les autorités allemandes "n'ont pas voulu ou pas pu franchir le pas vers un niveau sécuritaire élevé", souligne Frédéric Gallois, ancien commandant du GIGN. Si les services de renseignement du pays "sont très engagés", il est encore aujourd'hui "difficile de faire des démonstrations de force" dans un pays marqué par son passé nazi. "Il est délicat de faire patrouiller des militaires allemands", précise Frédéric Gallois, estimant que "cette forme de retenue sécuritaire est une fragilité".

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