Violences dans le Capitole : de Hong Kong au Venezuela, cinq précédents récents dans le monde

L’irruption des pro-Trump dans le Capitole est une première aux États-Unis. Mais d’autres Parlements dans le monde ont vécu des épisodes de violence ou de protestation ces dernières années

Article rédigé par
Léopold Picot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Venezuela, Hong Kong, Salvador, Allemagne, Arménie : des parlements envahis. (ASEMBLEA NACIONAL VENEZUELANA / AFP)

Les violences dans le Capitole américain, le 6 janvier, marquent les esprits, car les États-Unis sont souvent considérés comme "la plus grande démocratie du monde". Le Parlement, institution où s’exerce le pouvoir du peuple, est un sanctuaire bien gardé dans les régimes démocratiques. Mais quand des éruptions de violence ou de protestation s'immiscent dans sa routine bien huilée, la démocratie semble vaciller. Souvent considérés comme des signaux inquiétants d’une démocratie qui se meurt ou d’une dérive fasciste d’une partie des gouvernés, ces irrruptions sont plus rarement vues comme la démonstration d’une démocratie qui vit.

1Parlement d’Allemagne, le 29 août 2020

Ce jour-là l'Allemagne a retenu son souffle. Des drapeaux du Reich allemand sont agités devant le Bundestag le samedi 29 août 2020, et les manifestants, des sympathisants d’extrême droite et des néo-nazis, ont manqué d’entrer dans le Parlement. Les débordements ont eu lieu après une manifestation anti-masque. Les services de renseignement allemands estiment le nombre de militants d’extrême droite à 33 430, dont 13 000 prêts à la violence.  

Les manifestants d’extrême droite face aux policiers, devant le Parlement allemand à Berlin le 29 août 2020.  (ACHILLE ABBOUD / NURPHOTO / AFP)

2Conseil législatif de Hong Kong, le 1er juillet 2019

Fin juin 2019 et pour des mois, Hong Kong s’embrase face au projet de loi de la dirigeante du territoire, Carrie Lam. Elle veut autoriser les extraditions vers la Chine. Des millions de Hongkongais dénoncent une manoeuvre du pouvoir chinois pour reprendre en main la ville-État et une centaine de militants pro-démocratie envahissent le Conseil législatif, le 1er juillet 2019. La démocratie perdra le bras de fer avec l’autoritarisme : un an plus tard, ces manifestations serviront de justificatif au vote de la loi de sécurité nationale, qui permettra une plus grande répression des opposants au régime pékinois.

Un militant pro-démocratie à la tribune du Conseil législatif, à Hong-Kong, le 1er juillet 2019. (JUN YASUKAWA / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP)

3Parlement du Salvador, le 9 février 2020

L’occupation a été courte mais l’image reste dans les esprits : le 9 février 2020, au Salvador, l’Assemblée législative est envahie par des militaires et des policiers armés. La raison ? Ils soutiennent le président Nayib Bukele, qui veut faire valider un prêt pour équiper les forces armées contre les gangs du pays. Le président est entré dans le Parlement encadré par l’armée, rappelant à la jeune démocratie du Salvador ses décennies de dictature. 

Les militaires observent le président Nayib Bukele dans le Parlement de San Salvador, le 9 février 2020 (MARVIN RECINOS / AFP)

4Assemblée vénézuélienne, le 5 juillet 2017

Au cœur de l’Assemblée nationale vénézuélienne, plusieurs députés, fonctionnaires de sécurité et journalistes sont blessés le 5 juillet 2017, après l’irruption de partisans de Nicolas Maduro. Depuis des mois, une crise secouait le pays, après un projet controversé de réforme constitutionnelle du président Maduro. Un des députés molesté, Armando Armas, tiendra les propos suivants la tête encore ensanglantée : "Nous avons été élus pour défendre ce pays. Ce 5 juillet, la barbarie veut s’imposer contre le civisme !"

Le député Armando Armas, le 5 juillet 2017 à l'Assemblée nationale du Venezuela. (ASEMBLEA NACIONAL VENEZUELANA)

5Parlement d’Arménie, le 10 novembre 2020

Le Parlement est envahi par des manifestants arméniens mécontents : le pays vient de demander un cessez-le-feu après deux mois de revers face à l’Azerbaïdjan. La nouvelle ne passe pas, et des hommes en colère demandent la démission du Premier ministre Nikol Pachinian, considérant que si le cessez-le-feu est approuvé, les soldats arméniens seront morts pour rien. Le président du Parlement est passé à tabac et blessé, de nombreux dégâts matériels et des blessés sont à déplorer.

Des manifestants arméniens à la tribune du Parlement à Erevan, le 10 novembre. (KAREN MINASYAN / AFP)

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