Cet article date de plus de trois ans.

Indépendance de la Catalogne : "Toutes les lois et les règles du parlement de Catalogne ont été outragées"

Pour le spécialiste de l'Espagne contemporaine Benoît Pellistrandi, "on est dans quelque chose d'absolument spectaculaire qui est proprement révolutionnaire".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le président catalan Carles Puigdemont et les parlementaires séparatistes, le 27 octobre 2017. (LLUIS GENE / AFP)

Moins de deux heures après le vote au parlement catalan ouvrant la voie à l'indépendance de la région, et  le feu vert à la mise sous tutelle de la communauté autonome par le sénat espagnol, des dizaines de milliers de Catalans ont défilé pour exprimer leur joie dans les rues de la capitale de région, Barcelone.

Des scènes de liesse qui inspirent "beaucoup d'inquiétude" au spécialiste de l'Espagne contemporaine Benoît Pellistrandi, a-t-il confié sur franceinfo. "Il faudra avoir en mémoire ces images dans quelques mois, quand la société catalane aura traversé un conflit civique, politique et social, dont j'ignore les dimensions mais dont je n'ignore pas l'intensité", s'inquiète-t-il.

"Le statut d'autonomie de la Catalogne n'a pas été respecté"

Benoît Pellistrandi a également réagi aux déclarations du chef de l'exécutif catalan, Carles Puigdemont. "Ce qui est très impressionnant c'est qu'on a rarement vu une telle capacité à renverser la valeur des mots et à se gargariser du terme de démocratie, alors que toutes les lois, les règles du parlement de Catalogne ont été outragées. Le statut d'autonomie de la Catalogne n'a pas été respectée puisque cette décision d'indépendance est majeure. Elle est prise à la majorité simple, alors qu'une réforme du statut d'autonomie demande au minimum une majorité des deux tiers", rappelle-t-il.

"On est dans quelque chose d'absolument spectaculaire qui est proprement révolutionnaire. Au nom d'une légalité nouvelle à faire advenir, on disqualifie la légalité qui existe. Ce qui me paraît grave, c'est que l'Espagne est une démocratie, et qu'il y avait un cadre dans lequel on pouvait discuter. Tous les discours selon lesquels la culture catalane n'était pas respectée, 'nous n'avions pas de libertés', ce sont des mensonges. Ce ne sont même pas des positions qu'on peut défendre, ce sont des mensonges", conclut le spécialiste.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.