Mégabassines, projets autoroutiers, planification écologique... Dans le programme du Nouveau Front Populaire, des mesures attendues sur l'environnement

Les représentants du Nouveau Front Populaire se sont réunis à la mi-journée vendredi pour détailler leur programme pour les législatives. La gauche est attendue au tournant concernant les mesures écologiques.
Article rédigé par Guillaume Farriol
Radio France
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Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes – EELV, lors de l'annonce d'un accord trouvé entre les différents partis de gauche pour mener un front populaire lors des élections législatives anticipées. (HENRIQUE CAMPOS / HANS LUCAS via AFP)

L'union de la gauche a présenté vendredi 14 juin son programme pour les législatives des 30 juin et 7 juillet. En matière d'environnement, des actions "d'urgence" ont été présentées, à mettre en œuvre dès les 15 premiers jours en cas d'arrivée au pouvoir. 

Deux mesures, particulièrement symboliques, ont été mises en avant : un moratoire sur les mégabassines dont la plus célèbre, celle de Sainte-Soline, est toujours en chantier. Et un autre moratoire, sur les grands projets autoroutiers, dont l'A69 entre Toulouse et Castres. Sur ce point, insoumis et écologistes obtiennent gain de cause, certains socialistes, eux, défendent le projet dont la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.

Ensuite viendrait dans les "100 jours" une loi énergie pour y inscrire les bases de la planification écologique et la "règle verte" chère à Jean-Luc Mélenchon, comprenez : "Ne pas prélever dans la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer". 

Pas un mot sur le nucléaire

Un grand absent dans ce programme : l'avenir du nucléaire. Faut-il en sortir, comme le veulent les insoumis et les écologistes, ou faut-il poursuivre, comme le souhaitent les communistes et socialistes ? Le sujet est éludé.

En revanche, d'autres propositions, plus consensuelles à gauche, font partie du programme présenté vendredi : davantage d'aide pour isoler les logements, l'interdiction de tous les PFAS (les polluants éternels), l'interdiction des néonicotinoïdes, des pesticides surnommés "tueurs d'abeilles". L'union de la gauche propose aussi la création d'un tarif différencié de l'eau, dans le but de faire payer davantage les plus gros consommateurs.

Ce programme obtient d'ores et déjà le soutien de plusieurs associations environnementales, comme Greenpeace. Son président Jean-François Julliard, venu personnellement à la tribune, pour soutenir et prévenir l'union de la gauche déclare : "Quand on a regardé le programme du Front Populaire, on s'est dit qu'il y avait une série de mesures ambitieuses à même de répondre aux défis des transformations de notre société." Jean-François Julliard assure qu'il sera là pour s'assurer que toutes les annonces seront réellement mises en œuvre. Le message est accompagné d'un appel à faire barrage à l'extrême droite. 

"Jordan Bardella Premier ministre, c'est le scénario du pire. Le Rassemblement national estime que le GIEC exagère dans ses recommandations. Ils flirtent clairement avec le climatoscepticisme. "

Jean-François Julliard, président de Greenpeace

lors de la présentation du programme

Cette position est partagée par de nombreuses ONG, comme Bloom, spécialiste de la défense des océans, Reclaim Finance pour "une finance au service du climat", ou encore Zéro Waste France qui lutte pour réduire les déchets.

Dans une tribune, ces organisations appellent à soutenir le Front Populaire, selon elles, "la seule option pour un avenir digne". Elles s'appellent aussi à rejoindre ce week-end les rassemblement initiés par les syndicats.

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