Nouvelle-Calédonie : où en est le processus, plus d'un an après le "non" à l'indépendance au référendum ?

Le gouvernement reçoit à Paris les délégations indépendantistes et non-indépendantistes, mardi, pour relancer les discussions sur l'avenir institutionnel de l'archipel.
Article rédigé par France Info
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La délégation du FLNKS reçue à Matignon par Elisabeth Borne, le 11 avril 2023. (STEPHANE LEMOUTON / POOL / AFP)

Quel avenir pour la Nouvelle-Calédonie ? La Première ministre Élisabeth Borne a reçu mardi 11 avril une délégation indépendantiste, puis les non-indépendantistes. L'objectif est de relancer le dialogue sur l'avenir institutionnel de l'archipel, alors que le Caillou a rejeté il y a plus d'un an son indépendance par référendum. Un vote qui reste contesté.

Ce qui est en jeu, c'est le futur statut de l'archipel. Depuis plus de vingt ans, la Nouvelle-Calédonie a un statut temporaire puisque ce territoire français du Pacifique est engagé dans un processus d'auto-détermination. C'est l'accord de Nouméa, signé en 1998, qui lui accorde ce statut particulier. Cet accord est lui-même hérité de l'accord de Matignon signé en 1988 pour mettre fin à une décennie de violence en Nouvelle-Calédonie dans les années 80.

En clair : le texte prévoit le transfert de certaines compétences de la France vers la Nouvelle-Calédonie qui dispose de ses institutions (un exécutif local, une assemblée pour chacune des trois provinces et un congrès). La Nouvelle-Calédonie a aussi une autonomie partielle, même si l'Etat (par la présence d'un haut-commissaire) reste compétent sur certains sujets comme l'immigration, la monnaie ou encore le maintien de l'ordre et la défense.

Un troisième référendum jugé "illégitime" par les indépendantistes

Sauf que depuis un peu plus d'un an, l'accord de Nouméa est contesté. Précisément depuis le troisième et dernier référendum sur l'autodétermination qui a eu lieu le 12 décembre 2021. Le "non" à la question "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" l'a emporté pour la troisième fois, mais dans un contexte très particulier puisque le vote a eu lieu en pleine épidémie de Covid. Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), indépendantiste, avaient appelé à boycotter les urnes. Bilan : le taux de participation a été divisé par deux par rapport aux précédents scrutins. Et le résultat est jugé illégitime par les partisans de l'indépendance.

>> Référendum en Nouvelle-Calédonie : après la nouvelle victoire du "non", le Caillou en a-t-il fini avec l'indépendance ?

A l'inverse, les loyalistes, ceux qui veulent rester dans le giron de la France, estiment qu'avec trois victoires du "non" à trois référendums successifs (2018, 2020, 2021) prévus par l'accord de Nouméa, il est temps de donner un cadre institutionnel définitif à la Nouvelle-Calédonie. D'autant que des élections locales auront lieu en mai 2024. Il faudrait d'ici là qu'un nouveau statut soit entériné.

Vu de Paris, la Nouvelle-Calédonie est un territoire stratégique. Il y a un premier enjeu économique. 
L'archipel dispose d'immenses ressources de nickel, près d'un quart des réserves mondiales de ce minerai dont on aura de plus en plus besoin notamment pour les batteries automobiles. C'est d'ailleurs un argument souvent mis en avant par les loyalistes : l'Etat a soutenu financièrement ces dernières années la filière, avec au moins 2 milliards d'euros versés, alors les exploitations de nickel (premier employeur de l'archipel) ont connu des difficultés. Et puis pour Paris, le Caillou est aussi un territoire important pour la défense. Près de 1 500 militaires sont déployés sur place ainsi que des bâtiments militaires. Ils représentent le premier contingent français dans la zone Pacifique.

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