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Covid-19 : le confinement fait-il gonfler nos poubelles ?

Masques, plats à emporter, colis de vente en ligne: les objets jetables ont fait leur grand retour avec le Covid-19 et le confinement. On cherche la meilleure façon de les recycler et de les collecter.

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Une poubelle pleine d\'emballages (illustration)
Une poubelle pleine d'emballages (illustration) (DAVID ADEMAS / MAXPPP)
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Avec la fermeture des déchetteries en France pendant deux mois, on a collecté l’an dernier un peu moins de machines à laver, de grille-pains, de réfrigérateurs : 14 000 tonnes de moins qu’en 2019 selon Ecosystem, l'un des éco-organismes en charge de cette collecte. Pour l'autre, Ecologic, il y a aussi eu une chute vertigineuse pendant le confinement mais qui s'est lissée sur le reste de l'année, pour finir au même tonnage que l'an dernier avec 200 000 tonnes. Pourtant, on sait bien récupérer et recycler la ferraille ou l’aluminium.  

Mais le plastique est toujours plus difficile à traiter. D’abord parce qu’il faut dire les plastiques : PP, PS, PET, ABS, PC, ils sont tellement variés qu’il est difficile de différencier les flux au centre de tri pour refaire ensuite les mêmes objets. Les masques par exemple : la Chine en a exporté 224 milliards l’an dernier, ils sont en polypropilène, un plastique que l’on peut broyer pour refaire des pare-chocs de voiture, comme le propose la société Plaxtil mais pas de nouveaux masques. De plus, ils sont considérés comme des déchets sanitaires, donc pas question de les mettre dans votre bac jaune pour les recycler ensuite. Même si une équipe du CNRS a trouvé la technique pour le faire avec le lavage à 60°C et que des initiatives se multiplient dans certaines communes pour les collecter en toute sécurité. 

La difficile boucle parfaite


Le verre, le papier, le carton sont à des taux de recyclage élevé : 70% quasiment. Mais il y a toujours une part de matière vierge, même dans des objets avec une part de recyclé. Ensuite, il y a la question de l'offre et de la demande : l’an dernier, la vente en ligne d’objets avec ces papiers et cartons recyclés a augmenté de 32%. Difficile pour eux de toujours trouver preneur après avoir été triés quand les usines qui en ont besoin sont fermées. Pourtant, ces usines sont en Europe principalement et techniquement, ils sont moins compliqués à recycler que les plastiques.

Aujourd'hui des chercheurs allemands, californiens et français ont même trouvé des techniques de recyclage chimique pour casser ce qui lie les molécules de plastique entre elles, afin de récupérer la base du matériau dérivé du pétrole. Ils peuvent revenir ainsi au monomère et refaire plus facilement beaucoup d'autres objets plastiques, y compris ceux en contact avec les aliments.

Mais aujourd’hui face à la pollution plastique qui menace notre santé et notre environnement, il faut réduire notre consommation d'objets à usage unique, ne pas les jeter n'importe où et mieux recycler les indispensables. Citéo, l’éco organisme qui gère nos emballages, s’est prêté à un petit calcul pour savoir ce qui se passerait si on arrêtait de les recycler pendant 24h en France :  cela enverrait 10 000 tonnes de déchets à l’incinérateur ou à la décharge et 4 000 tonnes de CO2 en plus dans l’atmosphère. 

Une poubelle pleine d\'emballages (illustration)
Une poubelle pleine d'emballages (illustration) (DAVID ADEMAS / MAXPPP)