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Le billet sciences. Le recyclage des masques

Dès mardi, 5,5 millions de collégiens et lycéens, un million de professeurs et de personnels d'établissement, 27 millions d'actifs dans les lieux clos doivent porter un  masque.

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Une machine à recycler les masques dans une entreprise de Chatellrault (Vienne).
Une machine à recycler les masques dans une entreprise de Chatellrault (Vienne). (ADÈLE BOSSARD / RADIO FRANCE)

À partir de mardi 1er septembre, nous allons utiliser en France, au moins 337 millions de masques par semaine. Heureusement une équipe du CNRS cherche la meilleure option pour les recycler. 

Le masque est devenu l’accessoire essentiel de cette rentrée mais c'est un objet très éphémère, en tous cas on l'espère. Le masque chirurgical se jette dans un sac fermé dans la poubelle grise ou verte, la couleur dépend de votre ville. Il ne doit pas aller dans les déchets de recyclage pour protéger les agents qui vont les traiter. Mais il ira ensuite en incinérateur ou en décharge. Du coup, on peut se lancer dans un calcul qui donne le tournis. À partir d’aujourd’hui 5,5 millions de collégiens et lycéens, un million de professeurs et de personnels d'établissement, 27 millions d'actifs dans les lieux clos vont devoir porter un masque. À raison de deux par jour aussi pour les trajets en transports en commun ou dans les rues de certaines villes. Bref, cela fait 67 millions 500 mille masques par jour, 337 millions pour la semaine sans parler de ceux que l'on va mettre le week end. Ça fait beaucoup de polypropylène, un dérivé du pétrole. C'est pourquoi une équipe de recherche du CNRS cherche la meilleure façon de les recycler

Du lavage haute température au détergent

Parmi les techniques testées par le consorsium de recherche, il y a le lavage avec un détergent et à haute température entre 60 et 95°C, ou alors en les passant au stérilisateur avec de la vapeur à plus de 120 ° pendant 50 minutes, en les irradiant avec des rayons gamma ou béta (le CEA est dans l'équipe pour chercher une solution) enfin en les exposant à un gaz, l’époxyde d’éthylène, que l'on connait plus le nom d’éther. Selon des résultats très préliminaires, le stérilisateur, les rayons et le lavage à haute température ont donné des résultats pour éliminer le virus, tout en gardant au masque de bonnes qualités de filtration. Et oui, il ne faudrait pas que ces masques ne soient plus assez efficaces.

Question de collectes et autres solutions 

Comment collecter nos 337 millions de masques? C’est l’éternel problème pour nos déchets. Pour cette recherche, le CNRS travaille avec des hôpitaux partenaires à Grenoble, Tours, Nancy qui fournissent les masques usagers de ses personnels. A Châtellerault dans la Vienne, les habitants en ont déjà déposés 70 000 dans des cartons de collecte dans la ville. Ensuite, la société Plaxtil après avoir enlevé la baguette métallique, les broie et les traite par ultra violet pour en refaire d’autres objets en plastiques comme des ouvertures de porte. On peut également choisir le masque en tissu lavable sinon la société Géochanvre dans l’Yonne, fabrique comme son nom l'indique, des masques en chanvre industriel. Ils ne se fument pas mais ils peuvent finir en compost… 

Une machine à recycler les masques dans une entreprise de Chatellrault (Vienne).
Une machine à recycler les masques dans une entreprise de Chatellrault (Vienne). (ADÈLE BOSSARD / RADIO FRANCE)