COP26 : "Grâce à la voile, j'ai rapidement pris conscience qu'on vivait dans un monde limité", explique François Gabart, navigateur

Le navigateur est très engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique, alors que s'ouvre ce dimanche la COP26 à Glasgow et que le G20 vient de se terminer à Rome avec un accord a minima sur le climat.

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Radio France
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Francois Gabart, le 22 juillet 2021 à Concarneau. (FRED TANNEAU / AFP)

"Grâce à la voile, j'ai rapidement pris conscience qu'on vivait dans un monde limité et que le confort dont on bénéficie à Terre est un privilège extraordinaire", explique François Gabart, navigateur au départ de la 15e édition de la Transat Jacques Vabre dans une semaine, au Havre, alors que s'ouvre dimanche la COP26 à Glasgow.

franceinfo : Est-ce que vous croyez encore à ce genre de sommets internationaux ?

franceinfo : Je pense que toutes les solutions ne vont pas arriver par ces sommets et il ne faut pas que nous, citoyens, on soit attentistes et qu'on attende une solution miracle de la part de ces dirigeants. En revanche, je pense que ces sommets sont importants parce que la solution va arriver d'un peu tout le monde, à la fois du monde politique, de la société civile, des entreprises etc. On est tous responsables de la situation dans laquelle on est, et il faut qu'on soit tous responsables de la solution pour faire face à ce grand défi qui est devant nous. Ce que je me dis c'est que plus on va agir vite, moins le changement sera brutal. Il va falloir renoncer à certains conforts, mais plus vite on y renonce, moins ce sera douloureux. Si on attend, ce sera au delà des renoncements, ce sera des conflits, des guerres, des moments extrêmement difficiles.

Vous êtes un chef d'entreprise, que faites-vous au quotidien pour sauver notre planète ?

Dans mon entreprise, on travaille sur la course au large donc on a des projets avec des trimarans ou bateaux qui seront au départ de la Transat Jacques Vabre dans quelques jours. Je suis convaincu que toutes les innovations qu'on arrive à générer par la course au large, on peut s'en servir dans le monde maritime en essayant de trouver des solutions pour pouvoir se déplacer sur la planète, en l'occurence sur la mer, d'une manière la plus durable possible. Pour nous, sur les bateaux de course, c'est d'essayer de frotter le moins possible l'eau, ça nous fait avancer plus vite. On peut aussi trouver des solutions pour ces bateaux en les faisant voler et donc consommer moins de carburant pour se déplacer. On peut aussi mieux utiliser le vent et je suis convaincu qu'on peut se servir davantage du vent pour se déplacer dans les années qui viennent et en particulier dans le fret maritime.

Etes-vous sensible aux enjeux climatiques depuis toujours ?

J'ai eu la chance dès l'enfance de faire du bateau à voile, de voyager justement en utilisant l'énergie du vent. Quand on est sur un bateau à voile, on produit sa propre énergie. Donc j'ai rapidement compris, quand j'avais 6-7 ans, qu'il fallait faire tourner une éolienne pour charger les batteries du bateau et que c'était grace à ça qu'on pouvait avoir de la lumière le soir. Que l'eau douce, on la chargeait dans un port, que c'était quelque chose de précieux, qu'on prenait une douche avec peu d'eau. J'ai eu la chance d'avoir cette prise de conscience rapide grace à la voile et au bateau, qu'on vit dans un monde limité, et que le confort dont on bénéficie à Terre c'est un privilège extraordinaire.

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