Center Parcs abandonne son projet à Roybon lancé en 2007, le maire évoque "une grande déception"

Le projet, estimé à 390 milions d'euros, prévoyait la construction de mille cottages et de commerces autour d'un espace aquatique protégée par une bulle.

Une pancarte avec écrit \"Non à Center Parcs\" dans la forêt de Chambaran, dans l\'Isère, à l\'emplacement initialement prévu d\'un parc touristique sur le site de Roybon, le 30 novembre 2014. Six ans plus tard, Center Parcs a abandonné le projet, le 8 juillet 2020.
Une pancarte avec écrit "Non à Center Parcs" dans la forêt de Chambaran, dans l'Isère, à l'emplacement initialement prévu d'un parc touristique sur le site de Roybon, le 30 novembre 2014. Six ans plus tard, Center Parcs a abandonné le projet, le 8 juillet 2020. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)
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Le groupe Pierre et Vacances a annoncé, mercredi 8 juillet, l'abandon de son projet de domaine Center Parcs à Roybon (Isère), bloqué par de multiples recours et d'interminables procédures judiciaires depuis son lancement en 2007, et dont le terrain est occupé par des "zadistes".

Le projet, d'un montant de 390 millions d'euros, prévoyait la construction dans la forêt de Chambaran de mille cottages, de commerces et de restaurants autour d'un espace aquatique, sous la forme d'une bulle transparente maintenue à 29 degrés avec piscines, toboggans et jacuzzis.

"Depuis plus de dix ans, des procédures judiciaires contestant les autorisations administratives ont fait obstacle à la réalisation du projet. L'autorisation de défrichement, indispensable à sa réalisation, étant devenue caduque, et l'accès du site étant bloqué par des 'zadistes' occupant illégalement le terrain depuis 2014, Center Parcs a décidé de se retirer de ce projet", selon un communiqué du groupe.

Trois autres projets contestés

L'entreprise, qui compte 25 Center Parcs en Europe, constitués de cottages immergés dans des domaines forestiers, met en avant le fait que le projet de domaine "a reçu un soutien constant de toutes les collectivités locales pour ses qualités environnementales, ses retombées en termes d'emplois et de revenus, et sa capacité à revitaliser et à rééquilibrer le territoire".

On était dans une impasse, c'était devenu inextricableGérard Brémond, président de Pierre et Vacancesà l'AFP

Ce dernier énumère toutes les embûches qui s'étaient accumulées depuis des années : "l'occupation du site, les changements de règlementations, les autorisations pour les permis de construire, pour le défrichement, la loi sur l'eau, la préservation des espèces, et les lenteurs de la justice dans les différents stades, la cour d'appel, le tribunal administratif, le conseil d'Etat. Tout cela se superposait, c'était interminable."

C'est "une grande déception pour une grande majorité des Roybonnais qui attendaient ça avec beaucoup d'enthousiasme", a réagi jeudi sur France Bleu Isère le maire de Roybon, Serge Perraud. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a au contraire évoqué "un projet de l'ancienne période où on ne s'occupait pas de ce qu'on faisait à la nature", jeudi matin sur franceinfo.

Trois autres projets du groupe Pierre et Vacances restent contestés en justice ou combattus localement : l'extension du domaine existant de Bois-Francs (Eure), le projet de Poligny (Jura) qui fait l'objet de recours judiciaires contre le plan local d'urbanisme, et le projet du Rousset (Saône-et-Loire).