Biélorussie : l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa a subi des "pressions" avant de se réfugier en Lituanie, selon ses soutiens

"Elle n'avait guère d'autre choix que de quitter son pays", selon le ministre des Affaires étrangères de la Lituanie. Dimanche, après le scrutin qui a vu la réélection d'Alexandre Loukachenko avec 80% des voix, la candidate avait dénoncé des fraudes.

Svetlana Tikhanovskaïa participe à une conférence de presse à Minsk (Biélorussie), le 10 août 2020.
Svetlana Tikhanovskaïa participe à une conférence de presse à Minsk (Biélorussie), le 10 août 2020. (VALERY SHARIFULIN/TASS/SIPA USA/SIPA)

La principale rivale du président biélorusse a-t-elle fui le pays de son plein gré ? "C'est une décision que j'ai prise de manière absolument indépendante", a déclaré Svetlana Tikhanovskaïa, mardi 11 août, dans une vidéo postée sur YouTube après son arrivée en Lituanie, à l'unisson avec le gouvernement de Biélorussie.

Cette version est mise en doute par ses soutiens. Selon son équipe de campagne, l'ex-candidate à la présidentielle de 37 ans a été contrainte de partir. "Elle n'a pas eu le choix", a affirmé Olga Kovalkova, une de ses alliés. "Elle n'avait guère d'autre choix que de quitter son pays, a abondé le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevicius. L'autre choix n'était visiblement pas compatible avec sa liberté, elle a donc dû se saisir de la possibilité qui lui était offerte de quitter son pays." 

Une autre vidéo enregistrée "sous la pression"

L'entourage de l'ex-candidate à l'élection présidentielle s'était inquiété, lundi soir, de ne pas réussir à la joindre au téléphone. L'opposante a été retenue plusieurs heures au siège de la Commission électorale, où elle était venue déposer une plainte pour fraudes, après la réélection d'Alexandre Loukachenko par 80% des suffrages. Selon ses soutiens, c'est là qu'elle a enregistré, "sous la pression des forces de sécurité", une autre vidéo dans laquelle elle lit une déclaration pour appeler au "respect de la loi" et à ne pas "descendre dans la rue". Le texte est lu d'une voix monocorde et sans un regard vers l'objectif.

"Trois heures durant, elle était seule avec les représentants des forces de sécurité, a commenté une proche alliée, Maria Kolesnikova. Dans ces conditions, n'importe quelle personne qui a son mari en prison [comme c'est le cas pour Svetlana Tikhanovskaïa] aurait enregistré une telle vidéo."

Les autorités lituaniennes ont décidé de lui accorder un visa d'un an. Elles ont mis un logement à sa disposition et ont garanti qu'elles allaient assurer sa sécurité. Après un trajet par la route pendant la nuit, la candidate à la présidentielle biélorusse, qui a recueilli officiellement 10% des voix, a pu retrouver ses enfants, qu'elle avait déjà envoyés à l'étranger en craignant des pressions.