Crash du MH17 : y avait-il des Français dans l'avion ?

Après les déclarations contradictoires du gouvernement français, Francetvinfo revient sur le flou autour de la présence de victimes françaises en quatre actes.

Un Malaisien face à un écran qui rend hommage aux passagers du vol MH17, qui s\'est écrasé le 17 juillet 2014 dans l\'Est de l\'Ukraine, à l\'aéroport de Kuala Lumpur. 
Un Malaisien face à un écran qui rend hommage aux passagers du vol MH17, qui s'est écrasé le 17 juillet 2014 dans l'Est de l'Ukraine, à l'aéroport de Kuala Lumpur.  (MANAN VATSYAYANA / AFP)

Y avait-il des Français à bord du vol MH17 de la Malaysia Airlines, vraisemblablement abattu par un missile, jeudi, dans l'est de l'Ukraine ? D'après François Hollande, non. "Selon les documents transmis par la compagnie aérienne, il n'y aurait aucun Français victime" du crash, a déclaré le président de la République depuis le Niger, vendredi 18 juillet. Jusque-là, l'incertitude persistait, après les errances de la communication du gouvernement français. Francetv info revient sur ce flou en quatre actes.

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Acte I : Fabius annonce la présence de quatre Français

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, indique jeudi soir un peu avant 20 heures que quatre Français "au minimum" figuraient parmi les passagers. "Il y a malheureusement aussi des Français, et donc il faut qu’une procédure d’enquête soit lancée extrêmement rapidement pour ce qui est un drame absolument majeur", a ainsi appuyé Laurent Fabius.

Acte II : le rétropédalage de Laurent Fabius

Le ministre des Affaires étrangères revient sur ses déclarations rapidement dans la soirée de jeudi, un peu avant 21h30. Il affirme alors n'avoir "aucune précision" sur la présence de Français ou non dans l'avion.

Romain Nadal, le porte-parole du Quai d'Orsay, explique à Rue89 l'origine de cette confusion : "Au centre de crise, nous avons reçu plus de 500 appels. Nous n’avions pas encore le manifeste [la liste] des passagers à ce moment-là", avant d'ajouter que parmi ces témoignages de proches quatre ont semblé "particulièrement sérieux" et "c'est sur la foi de ces appels que le ministre s’est avancé et a parlé de quatre Français".

Acte III : le président de la République dans le flou

Jeudi, le président de la République ajoute à la confusion sur la présence ou non de Français sur le vol MH17. Il déclare dans un premier temps en fin de journée ne pas savoir si "des familles françaises se trouvaient à bord" de l'appareil.

FRANCE 2

Puis dans la soirée, depuis Abidjan (Côte d'Ivoire), le chef de l'Etat affirme alors que "plusieurs Français pourraient avoir été" dans l'avion de ligne malaisien reliant Amsterdam (Pays-Bas) à Kuala Lumpur (Malaisie). "Je parle au conditionnel", insiste alors François Hollande.

Acte IV : "Aucun Français parmi les victimes", dit Hollande

Vendredi, depuis le Niger, François Hollande a tenu à se montrer plus clair. "Selon les documents transmis par la compagnie aérienne, il n'y aurait aucun Français victime" du crash, a déclaré le président, avant d'évoquer cependant "un cas qui n'a pas encore été élucidé"Le chef de l'Etat a également voulu passer la nationalité des victimes au second plan : "Les victimes n'ont pas de nationalité. Les victimes sont des victimes d'une tragédie atroce."
 
Selon un décompte fourni par la compagnie Malaysia Airlines, sur les 298 passagers de l'appareil, figuraient 189 Néerlandais, 27 Australiens, 44 Malaisiens, douze Indonésiens, neuf Britanniques, quatre Allemands, quatre Belges, trois Philippins, un Canadien et un Néo-Zélandais. La nationalité de quatre autres passagers n'a pas encore été précisée.