Anniversaire de la répression de Tiananmen : des milliers de manifestants défilent à Hong Kong, la police procède à des arrestations

Pour la première fois en trois décennies, la veillée n'a pas été autorisée par la police. Les autorités de Hong Kong invoquent des raisons sanitaires.

Des manifestants lors d\'un rassemblement en hommage à la répression de Tianamnen, à Hong Kong, le 3 juin 2020.
Des manifestants lors d'un rassemblement en hommage à la répression de Tianamnen, à Hong Kong, le 3 juin 2020. (TYRONE SIU / REUTERS)

Un mot d'ordre : "des bougies partout". Des milliers de manifestants se sont rassemblés, jeudi 4 juin au soir, dans un parc du centre de Hong Kong pour marquer le 31e anniversaire de la répression de Tiananmen. La police de Hong Kong a procédé à des arrestations en tentant de disperser le rassemblement, non autorisé. "Certains protestataires vêtus de noir sont en train de bloquer des routes à Mongkok, Hong Kong. Les policiers procèdent maintenant à des arrestations", a annoncé la police sur Twitter.

Cette veillée est organisée en souvenir de la répression sanglante menée par l'armée chinoise dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, autour de la célèbre place de Pékin. Officiellement, plusieurs centaines à plus d'un millier de personnes sont mortes, mais d'autres archives estiment que le bilan s'élève plutôt à 10 000 morts, souligne Libération. La répression avait mis fin à sept semaines de manifestations d'étudiants et d'ouvriers qui dénonçaient la corruption et réclamaient la démocratie.

Le sujet est tabou en Chine continentale. Aucune commémoration publique n'est possible : les médias restent muets, les censeurs effacent toute mention sur internet et la police surveille de près les dissidents avant la date fatidique du 4 juin. Hong Kong demeure le seul endroit du pays où l'événement est commémoré chaque année.

Interrogé sur la répression, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a répété que le pouvoir chinois était "déjà parvenu à une conclusion claire sur les troubles politiques survenus à la fin des années 1980". "Les grandes réalisations de la Chine nouvelle au cours des soixante-dix dernières années ont pleinement démontré que la voie de développement choisie par la Chine est tout à fait correcte", a déclaré Zhao Lijian.

Une loi criminalisant l'hymne chinois

Ancienne colonie britannique, Hong Kong a été rétrocédée à la Chine en 1997 sous le principe "d'un pays deux systèmes", mais des manifestants protestent depuis plusieurs années contre l'affaiblissement de ce principe. Fin mai, Pékin a notamment annoncé son intention d'imposer à Hong Kong une loi sur la sécurité nationale, qui prévoit de punir les activités séparatistes, "terroristes", la subversion, et les ingérences étrangères dans le territoire.

Le Parlement de Hong Kong a également adopté, le 4 juin, une loi sanctionnant toute marque d'irrespect envers l'hymne national chinois, signe pour ses détracteurs d'une mainmise accrue de Pékin sur la région semi-autonome. La loi prévoit que "toutes les personnes et organisations" doivent respecter et honorer l'hymne national chinois, et le jouer ou le chanter dans des "occasions appropriées". Les contrevenants risquent des peines allant jusqu'à trois ans de prison ainsi que des amendes dont le montant pourrait atteindre 50 000 dollars de Hong Kong (près de 5 800 euros).