Canada : ce que l'on sait des attaques au couteau qui ont fait dix morts dans une communauté autochtone

Les deux hommes suspectés d'avoir perpétré des attaques qui ont fait 10 morts dans la Saskatchewan sont morts.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
La Gendarmerie royale du Canada sur les lieux où le suspect Myles Sanderson a été arrêté, à Weldon, Saskatchewan, au Canada, le 7 septembre 2022. (LARS HAGBERG / AFP)

La chasse à l'homme est terminée et le crime risque de rester inexpliqué. Les deux suspects des attaques à l'arme blanche qui ont fait dix morts et 18 blessés lors d'attaques à l'arme blanche au Canada, dimanche, sont morts. Le corps de Damien Sanderson a été découvert lardé de coups de couteaux lundi et son frère, Myles Sanderson, est mort après avoir été interpellé, mercredi 7 septembre. Franceinfo vous résume ce que l'on sait de ces attaques.

Dix morts et au moins 18 blessés

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a reçu dimanche à 5h40 un premier appel faisant état d'une attaque à l'arme blanche sur le territoire de la James Smith Cree Nation. Un état d'urgence local a d'abord été décrété dans cette localité, ensuite étendu à toute la Saskatchewan. 

La province de la Saskatchewan, au Canada. (GOOGLE MAPS / FRANCEINFO)

Les résidents de la province ont été priés de rester chez eux, par sécurité. La police a retrouvé dix corps dans la communauté autochtone de James Smith Cree Nation et dans la ville voisine de Weldon, a déclaré lors d'une conférence de presse la commissaire adjointe de la Gendarmerie royale du Canada, Rhonda Blackmore.

Les autorités enquêtent sur de "nombreuses scènes de crimes", a ajouté la commissaire adjointe. L'autorité sanitaire de la Saskatchewan a souligné avoir activé les protocoles d'urgence pour faire face à "un nombre élevé de patients critiques"Trois hélicoptères et un médecin ont été dépêchés sur place depuis Saskatoon et Regina pour transporter les victimes poignardées. Dans un nouveau bilan, le nombre de personnes blessées est passé de 15 à 18.

Deux suspects identifiés

Deux suspects ont été identifiés : Damien et Myles Sanderson, deux frères âgés de 31 et 32 ans. Les deux hommes se seraient échappés dans une Nissan Rogue de couleur noire, a précisé Rhonda Blackmore. "Leur emplacement et leur direction de déplacement sont inconnus, c'est pourquoi nous avons besoin que tout le monde dans la province reste vigilant et signale toute activité suspecte", a-t-elle déclaré.

Les suspects ont d'abord été signalés à Regina, la capitale de la province, située à plus de 300 kilomètres au sud. L'alerte et les recherches se sont ensuite étendues aux provinces voisines du Manitoba et de l'Alberta. Un mandat d'arrêt a été émis lundi contre les deux individus qui ont également été inculpés pour meurtres et tentatives de meurtres.

Les deux suspects sont morts

Lundi, le corps de Damien Sanderson, qui portait plusieurs "blessures visibles", a été découvert dans la communauté autochtone à James Smith Cree Nation. Il a été retrouvé "dans une zone herbeuse, à proximité d'une maison", a expliqué la Rhonda Blackmore. "Nous ne pouvons pas dire avec certitude comment Damien est décédé, mais il pourrait avoir été tué par son frère", a-t-elle ajouté. 

Myles Sanderson a été localisé et arrêté mercredi, à une centaine de kilomètres des lieux du crime. En fin d'après-midi, la police de la province avait annoncé son arrestation sur son compte Facebook. "Peu après son arrestation, Myles Sanderson est entré en détresse médicale", a déclaré la commissaire adjointe sans donner plus d'explication sur ce malaise. L'individu, qui était armé d'un couteau au moment de son arrestation, est mort. Il était déjà connu pour avoir purgé une peine de prison de près de cinq ans pour agression, vol et violences. Il était recherché depuis mai pour avoir violé les termes de sa libération conditionnelle.

Des attaques inexpliquées

"Les attaques survenues aujourd'hui dans la Saskatchewan sont horribles et bouleversantes. Je pense aux personnes qui ont perdu un être cher et à celles qui ont été blessées", a réagi le Premier ministre, Justin Trudeau, sur Twitter.

Ces attaques sont, pour le moment, inexpliquées. Les autorités pensent que "certaines des victimes ont été ciblées par les suspects et que d'autres ont été attaquées au hasard", a détaillé dimanche Rhonda Blackmore. Il est trop tôt, selon elle, pour aborder le mobile de ces attaques. De son côté, le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines, Bobby Cameron, a imputé la responsabilité de ces attaques aux "drogues illégales qui envahissent nos communautés".

Avec la mort des deux suspects, il va désormais être compliqué d'élucider ces attaques. "Maintenant que Myles est décédé, nous ne pourrons peut-être jamais comprendre ses motivations", a observé mercredi Rhonda Blackmore précisant que plus de 120 entretiens avec des proches ou des témoins avaient déjà été menés, sans que cela ne permette d'éclairer le passage à l'acte.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Canada

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.