VIDEO. L'arrestation de l'ancien président des Maldives, un pays en état d'urgence

Le régime autoritaire du président Abdulla Yameen a suspendu le Parlement samedi, après des semaines de crise politique. 

VIDEO. Etat d'urgence aux Maldives : un ancien président de la République et le président de la Cour suprême sont arrêtés

C'est le chaos politique aux Maldives. Le régime du président Abdulla Yameen a décrété l'état d'urgence, mardi 6 février, pour une durée de quinze jours. L'ancien président, et autocrate, Maumoon Abdul Gayoom, demi-frère de l'actuel président, a été arrêté lundi soir à son domicile par des policiers lourdement armés. Dans un message posté sur Facebook avant l'arrivée de la police, il a exhorté ses partenaires à lutter contre le régime, lui qui est récemment passé dans l'opposition : "Je vous demande de rester inébranlables dans votre résolution. Nous n'abandonnerons pas le travail de réforme que nous sommes en train de mener. Je souhaite du succès à tous les citoyens des Maldives. Courage et qu’Allah nous montre le chemin".

Le président de la Cour suprême arrêté

Le président de la Cour suprême Abdulla Saeed et un autre juge ont également été arrêtés mardi matin, pour "corruption". La haute juridiction du pays a infligé un camouflet au régime en cassant les condamnations de neuf éminents opposants.

"J'étais dans l'obligation de déclarer l'état d'urgence, car il n'y avait aucun autre moyen d'enquêter sur ces juges. Nous devions d'abord suspendre leur autorité et leur immunité. Car nous devions découvrir jusqu'où va la conspiration ou le coup" d'Etat, s'est justifié le président Abdulla Yameen, dans une allocution télévisée.

Une dérive autoritaire dans le pays

Le Parlement, où l'opposition détient désormais la majorité, est suspendu depuis samedi. L'opposition disparate est rassemblée derrière un autre ex-président en exil, Mohamed Nasheed, basé à Londres.

L'archipel des Maldives est le théâtre ces dernières années d'une dérive autoritaire. Elu en 2013 dans des circonstances controversées, le président Abdulla Yameen a mené ces dernières années une politique de répression féroce contre ses détracteurs. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a demandé mardi au gouvernement de "respecter la Constitution et la primauté du droit".

L\'ancien président des Maldives, Maumoon Abdul Gayoom, au centre de l\'image, arrêté par la police dans la nuit du 5 au 6 février 2018.
L'ancien président des Maldives, Maumoon Abdul Gayoom, au centre de l'image, arrêté par la police dans la nuit du 5 au 6 février 2018. (MOHAMED SHARUHAAN / AP / SIPA)