Ce que l'on sait du tsunami qui a ravagé l'Indonésie

Selon les autorités, le tsunami a été déclenché par une marée anormalement élevée en raison de la pleine Lune conjuguée à un glissement de terrain sous-marin provoqué par l'éruption d'un volcan.

Une rue jonchée de débris à Carita (Indonésie), après le passage d\'un tsunami, le 23 décembre 2018.
Une rue jonchée de débris à Carita (Indonésie), après le passage d'un tsunami, le 23 décembre 2018. (RONALD / AFP)

Il a tout balayé sur son passage. Le bilan du tsunami en Indonésie atteint désormais 373 morts et 128 disparus. L'arrivée de cette vague, dans la soirée du samedi 22 décembre, a semé la panique parmi les touristes et les habitants. Franceinfo détaille ce que l'on sait de cette catastrophe.

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Une éruption à l'origine du tsunami

Les circonstances ne sont pas encore totalement claires. Mais les autorités estiment qu'une éruption du volcan Anak Krakatoa qui signifie "l'enfant" de Krakatoa en indonésien, a pu être à l'origine de ce tsunami. Fruit de l'activité du Krakatoa, l'Anak Krakatoa est sorti des eaux vers 1928. Depuis sa naissance, ce volcan est dans un "état semi-perpétuel d'activité éruptive", et grossit au fil d'éruptions qui surviennent tous les deux ou trois ans, indique le volcanologue Ray Cas de l'université Monash, en Australie.

Samedi soir, l'Anak Krakatoa était en éruption. Selon le Centre de la volcanologie et de la gestion des risques géologiques indonésien, l'Anak Krakatoa montrait des signes d'activité renforcée depuis une semaine. Une éruption survenue peu avant 16 heures samedi a duré environ 13 minutes, envoyant à des centaines de mètres dans le ciel un épais panache de cendres.

Cette activité serait à l'origine du drame. Selon les autorités, le tsunami a été déclenché par une marée anormalement élevée en raison de la pleine Lune conjuguée à un glissement de terrain sous-marin provoqué par l'éruption de l'Anak. Une agence de l'ONU a réalisé une infographie pour y voir plus clair.

Les tsunamis déclenchés par les éruptions volcaniques, qui provoquent un déplacement d'eau, sont relativement rares, selon le Centre d'information international des tsunamis. A la différence des vagues consécutives à des séismes, les autorités n'ont pas le temps de prévenir les gens.

Les autorités indonésiennes s'excusent

Avec cette menace assez difficile à détecter, les autorités indonésiennes ont été trompées. Dans un premier temps, elles avaient déclaré que la vague n'était pas un tsunami, mais une marée montante. Elles avaient alors appelé la population à ne pas paniquer. "C'était une erreur, nous sommes désolés", a écrit sur Twitter Sutopo Purwo Nugroho, du Conseil national pour la gestion des catastrophes indonésien.

Un mur d'eau submerge le littoral

Un mur d'eau a dévasté les plages du détroit indonésien de la Sonde. Un concert du groupe pop Seventeen a été submergé par une gigantesque vague. Le bassiste du groupe et le tourneur ont été tués.

>> EN IMAGES. Salle de concert emportée par une vague, rues dévastées... Un tsunami sème la désolation en Indonésie

Sur Facebook, le photographe Oystein Andersen a raconté avoir vu "une grosse vague" alors qu'il prenait des photos du volcan. "J'ai dû courir, car la vague a déferlé sur la plage, submergeant les terres sur 15 à 20 mètres. La vague suivante est rentrée dans le périmètre de l'hôtel où je me trouvais", a-t-il raconté.

A Carita, ville côtière particulièrement touchée, des maisons ont été détruites, des voitures ont été charriées, des débris ont envahi les rues et les plages.

Vue aérienne d\'une maison détruite par le tsunami à Carita (Indonésie), le 23 décembre 2018.
Vue aérienne d'une maison détruite par le tsunami à Carita (Indonésie), le 23 décembre 2018. (AZWAR IPANK / AFP)

"Les voitures ont été traînées sur dix mètres, raconte un habitant qui a fui la plage de Carita. Les bâtiments en bord de plage ont été détruits, des arbres et des poteaux électriques sont tombés par terre. Tous ceux qui sont en sécurité ont couru vers la forêt."

Dans la province de Lampung, de l'autre côté du détroit, Lutfi Al Rasyid, 23 ans, raconte avoir fui la plage de Kalianda pour sauver sa vie. "Je ne pouvais pas faire démarrer ma moto, alors je suis parti et j'ai couru... J'ai prié et couru aussi vite que je pouvais."

Un lourd bilan humain

La catastrophe a fait au moins 373 morts et près de 1 500 blessés, selon un nouveau bilan communiqué lundi après-midi. Ce dernier devrait encore s'alourdir. "Le nombre de victimes va continuer à augmenter", a prévenu un porte-parole de l'agence nationale de gestion des catastrophes.

Des recherches en cours

Les habitants et les secouristes cherchent activement des survivants au milieu des décombres mais les moyens manquent. "L'équipement pour déblayer n'a pas encore été acheminé. Nous en avons vraiment besoin pour gérer la situation. Il devrait arriver rapidement", a déclaré à la télévision indonésienne un responsable local.