Birmanie : Washington qualifie de "génocide" les violences commises contre les Rohingyas

Une procédure est en cours devant la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations unies, pour déterminer si le pouvoir birman s'est rendu coupable d'un tel crime.

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Des Rohingyas font la queue pour obtenir des produits de première nécessité dans le camp de réfugiés de Naybara, à Cox's Bazar, au Bangladesh, le 3 décembre 2017. (MARUF HOSSAIN RAFI / NURPHOTO / AFP)

Les Etats-Unis reconnaissent le "génocide" des Rohingyas. "J'ai établi que des membres de l'armée birmane ont commis un génocide et des crimes contre l'humanité contre les Rohingyas en 2016 et 2017", a déclaré lundi 21 mars à Washington le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken. Une procédure est en cours devant la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations unies, pour déterminer si le pouvoir birman s'est rendu coupable d'un tel crime.

Une série de preuves issues "de sources indépendantes et impartiales", notamment d'ONG, "en plus de [leur] propre recherche" montrent que "les intentions de l'armée allaient au-delà du nettoyage ethnique, jusqu'à une véritable destruction" de cette minorité, a estimé le secrétaire d'Etat. 

Plus de 9 000 Rohingyas tués en 2017

Il a notamment cité un rapport de la diplomatie américaine focalisé sur deux périodes débutant en octobre 2016 et en août 2017. En septembre 2017, par exemple, les soldats birmans "rasaient des villages, tuaient, torturaient, violaient hommes, femmes et enfants", a-t-il énuméré. Il a estimé que les attaques de 2016 avaient "forcé environ 100 000" membres de cette minorité musulmane à fuir la Birmanie pour le Bangladesh, et que celles de 2017 avaient tué "plus de 9 000 Rohingyas et forcé plus de 740 000 d'entre eux à trouver refuge" dans ce pays voisin.

"Les attaques contre les Rohingyas étaient généralisées et systématiques, ce qui est essentiel pour qualifier des crimes contre l'humanité", a ajouté Anthony Blinken. Le chef de la diplomatie américaine n'a pas accompagné cette reconnaissance de nouvelles sanctions contre la Birmanie. Les Etats-Unis ont déjà imposé une série de sanctions aux dirigeants birmans et, à l'instar d'autres pays occidentaux, restreignent depuis longtemps leurs exportations d'armes à direction des militaires birmans.

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