La Cour internationale de justice ordonne à la Birmanie de prendre des mesures pour prévenir un génocide contre les Rohingyas

Les décisions de la CIJ ne peuvent faire l'objet d'aucun recours et sont théoriquement contraignantes, mais la cour n'a aucun moyen véritable pour les faire respecter.

Une famille rohyinga au Bangladesh, le 7 janvier 2017.
Une famille rohyinga au Bangladesh, le 7 janvier 2017. (STRINGER / ANADOLU AGENCY)

La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné jeudi 23 janvier à la Birmanie de prendre "toutes les mesures" en son pouvoir pour prévenir un éventuel génocide à l'encontre de la minorité musulmane des Rohingyas. Basée à La Haye (Pays-Bas), la CIJ a accordé une série de mesures d'urgence requises par la Gambie, qui accuse la Birmanie d'avoir violé la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide.

Avec l'appui des Etats membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), du Canada et des Pays-Bas, la Gambie a saisi la justice internationale en novembre dernier. Des audiences ont été menées pendant trois jours en décembre, durant lesquelles la dirigeante birmane Aung San Suu Ki a rejeté toute intention génocidaire à l'encontre des Rohingyas. Plus de 730 000 membres de cette minorité musulmane ont fui la Birmanie suite à une répression militaire en 2017 et ont trouvé refuge au Bangladesh. 

La Gambie a demandé notamment l'arrêt immédiat des violences et a appelé les juges à ordonner à la Birmanie d'autoriser des experts de l'ONU à enquêter sur place sur les crimes présumés commis contre la minorité musulmane. Des enquêteurs de l'ONU ont déclaré que la campagne de l'armée birmane a été menée avec des "intentions génocidaires". Les décisions de la CIJ ne peuvent faire l'objet d'aucun recours et sont théoriquement contraignantes, mais la cour n'a aucun moyen véritable pour les faire respecter.