Sous-marin argentin disparu : "Chaque heure compte"

Des appels provenant a priori du sous-marin argentin "San Juan", porté disparu dans l'Atlantique depuis mercredi, ont été interceptés samedi. Mais il y a urgence maintenant à les localiser, analyse Vincent Groizeleau, de la revue "Mer et Marine".

Le sous-marin argentin \"San Juan\", ici en novembre 2010, est porté disparu depuis mercredi 15 novembre avec 44 marins à son bord.
Le sous-marin argentin "San Juan", ici en novembre 2010, est porté disparu depuis mercredi 15 novembre avec 44 marins à son bord. (XINHUA / MAXPPP)
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franceinfoRadio France

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La marine argentine pense avoir été contactée à sept reprises, samedi 18 novembre, par l'un de ses sous-marins dont elle est sans nouvelles depuis mercredi. "Les appels, d'une durée de 4 à 36 secondes, ont été reçus entre 10h52 et 15h42 [heure locale] dans diverses bases de la marine, mais le contact n'a pas pu être établi", selon un communiqué du ministère argentin de la Défense, qui met en avant de mauvaises conditions météorologiques. La dernière position connue du San Juan se situait à 430 km des côtes de la Patagonie. Les autorités tentent désormais de déterminer la provenance de ces signaux. "Chaque heure compte" pour localiser le submersible, a expliqué dimanche sur franceinfo Vincent Groizeleau, rédacteur en chef de la revue en ligne Mer et Marine

franceinfo : Ces appels interceptés samedi sont-ils un signe encourageant ?

Vincent Groizeleau : Il faut être prudent. Il faut d'abord confirmer que cela provient bien du sous-marin. Mais oui, c'est extrêmement rassurant. Je ne vous cache pas que si on n'avait pas eu de nouvelles de ce sous-marin aujourd'hui, cela aurait commencé à devenir critique. Cela fait depuis mercredi que des recherches sont entamées et jusqu'ici on n'a encore rien retrouvé. Ces appels sont encourageants, mais maintenant il faut les confirmer et surtout les localiser.

Une dizaine de bateaux participent aux recherches. Un avion de la Nasa a également été dérouté sur zone. Comment repère-t-on un sous-marin ?

Le problème, c'est qu'on ne sait pas s'il est encore immergé ou pas. On ne sait pas pourquoi ce sous-marin n'émet plus. Y a-t-il eu un incendie à bord, une collision ? Peut-être que cet appel de détresse a été passé depuis une embarcation de sauvetage, ou que le sous-marin a pu faire surface mais qu'il a coulé ensuite. Normalement un sous-marin en détresse a des balises pour pouvoir être repéré. Là, a priori, rien n'a été activé, donc il y a encore beaucoup de mystères autour de cette disparition. D'où la mobilisation de tous ces bateaux et de ces avions, dont certains sont équipés spécialement pour repérer des sous-marins en mer. Les Américains ont envoyé leur avion le plus moderne en la matière.

Les membres de l'équipage disposent de 15 jours de vivres et d'oxygène. Y a-t-il une procédure particulière dans ces cas-là ?

Survivre avec les moyens du bord ! Mais encore une fois, on ne sait pas dans quel état est ce bâtiment. Le risque, c'est que le sous-marin coule. Dépassé une certaine profondeur, le sous-marin est perdu parce que sa coque ne résiste pas à la pression et il implose. On considère pour ce type de sous-marins qu'au-delà de 500 mètres de fond, c'est perdu. Et si le sous-marin coule, évidemment les réserves d'air sont limitées, donc chaque heure compte.