Zimbabwe : 60 personnes tuées par des éléphants cette année

Avec 100 000 spécimens, le Zimbabwe possède la deuxième plus grande population d'éléphants au monde, juste après le Botswana. 

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Un troupeau d'éléphants d'Afrique (Loxodonta africana) dans le parc national de Hwange, au Zimbabwe, le 5 juin 2019. (TESNI WARD / BIOSPHOTO)

Soixante personnes ont été tuées depuis début 2022 par des éléphants au Zimbabwe, où ce grand mamifère terrestre possède une des rares populations en hausse, a affirmé le 10 mai un porte-parole du gouvernement. Avec 100 000 spécimens, le Zimbabwe possède la deuxième plus grande population d'éléphants au monde après le Botswana, soit environ un quart des éléphants en Afrique. Contrairement à d'autres pays, où les braconniers ont éliminé ces mammifères pour le commerce de leur ivoire, la population d'éléphants au Zimbabwe augmente de 5% par an.

Cohabitation

"Dans certaines zones, les éléphants se déplacent en vastes troupeaux. Ils ont tout dévoré dans les champs et se rendent maintenant dans les propriétés, obligeant les habitants à riposter, et par là même à blesser des éléphants", a écrit le porte-parole du gouvernement Nick Mangwana sur Twitter. "Les éléphants blessés deviennent agressifs et incontrôlables, poursuit-il. Le problème du conflit entre l'homme et la faune sauvage est devenu très sensible. Rien que cette année, 60 Zimbabwéens ont été tués par des éléphants et 50 blessés", a-t-il affirmé. 

Nick Mangwana a précisé que les éléphants avaient tué 72 personnes en 2021. Les éléphants se sont mis à errer hors des réserves de chasse. Par le passé, les autorités zimbabwéennes ont recensé pas moins de 311 attaques d'animaux sauvages contre des humains en 2019, contre 195 en 2018, qui avaient fait 20 morts parmi la population. En 2019, les animaux sauvages ont tué 36 personnes dans le pays. Les éléphants sont les plus souvent impliqués, mais buffles, hippopotames, lions, hyènes et crocodiles ne sont pas en reste. En cause, la terrible sécheresse qui frappe toute l'Afrique australe depuis plusieurs saisons. 

Surpopulation

Au Zimbabwe, les conflits entre humains et animaux s'accroissent. Tinashe Farawo, de l'Autorité de gestion des parcs et de la faune sauvage du Zimbabwe affirme qu'il est "probable qu'il y ait un désastre si la population (d'éléphants) n'est pas diminuée".

"La menace va probablement augmenter pendant la saison sèche quand les troupeaux vont se déplacer à la recherche d'eau et de nourriture."

Tinashe Farawo, de l'Autorité de gestion des parcs et de la faune sauvage

à l'AFP

Il souligne que des rangers avaient été déployés pour éliminer les éléphants les plus dangereux. Selon des spécialistes, le Zimbabwe a le potentiel pour une population de 45 000 éléphants, qui ont besoin de vastes espaces de pâturage.

Permis de tuer

En mai 2021, Le gouvernement zimbabwéen voulait autoriser l'abattage de 500 éléphants pendant la saison de chasse. Prix du permis à tuer : entre 10 000 et 70 000 dollars, selon la taille de l'animal. Pour les autorités, cela permettrait de réguler la surpopulation des éléphants et d'attirer les touristes épris de chasse.

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