Cinq questions sur le virus Ebola qui resurgit dans l’est de la République démocratique du Congo

Un cas a été enregistré dans l'est de ce grand pays d'Afrique centrale, trois mois après l'annonce de la fin d'une onzième épidémie de la maladie.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Deux medecins à Beni au nord-est, dans un centre de traitement qui accueille les cas suspects d'Ebola, en mai 2019.  (KITSA MUSAYI / DPA)

La République démocratique du Congo a annoncé le 7 février 2021 la "résurgence" de la maladie à virus Ebola dans l'est du pays. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dépêché sur place une équipe d'épidémiologistes suite à la mort d'une femme de la maladie, alors que le pays avait annoncé il y a trois mois la fin de l'épidémie précédente. Voici cinq questions sur ce virus virulent qui a frappé plus d'une fois en Afrique. 

1C’est quoi déjà Ebola ?

Appelée d’abord fièvre hémorragique, Ebola est une maladie grave, souvent mortelle, dont le taux de létalité peut atteindre 90%, comme l’explique l’OMS.

Le virus apparaît pour la première fois en 1976 à Yambuku, un village isolé près de la rivière Ebola en République démocratique du Congo. Intrigué par cette maladie mystérieuse, le chercheur congolais Jean-Jacques Muyembe-Tamfum envoie dans une glacière de fortune un échantillon sanguin d’une malade à l'Institut de médecine tropicale d'Anvers en Belgique, où travaillait le Dr Peter Piot. Le virus est alors identifié et baptisé du nom d’Ebola. On ignore son origine, mais les données disponibles actuellement semblent désigner certaines chauves-souris comme des hôtes possibles.

2Comment attrape-t-on Ebola ?

Le virus Ebola se transmet à l'homme par des animaux infectés ou par le sang ou autres fluides corporels de personnes infectées. Il est en tout cas extrêmement contagieux et se manifeste par une fièvre brutale, une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et de gorge et parfois même des hémorragies. Contrairement au Covid-19, il n’y pas de malades asymptomatiques et il est extrêmement virulent et contagieux. Une personne morte de la maladie garde dans son corps une charge virale très élevée et peut contaminer ceux qui l’approchent s’ils ne prennent pas les mesures nécessaires pour se protéger.

3 Peut-on parler d’une nouvelle épidémie ?

A ce jour, un seul cas a été déclaré à l’est de la République démocratique du Congo, trois mois après la fin d’une épidémie. Il s’agit d’une femme décédée le 3 février dernier après avoir présenté "les signes typiques" de la maladie, selon le ministère de la Santé congolais. La victime était l'épouse d'un survivant du virus Ebola. Selon l’OMS, il est fréquent que des cas sporadiques surviennent à la suite d'une épidémie majeure. Des épidémiologistes de l'Organisation mondiale de la santé sont sur le terrain pour enquêter sur ce cas et en savoir plus sur la souche du virus. Plus de 70 contacts ont été identifiés et les sites visités par les patients ont a été désinfectés pour éviter toute propagation. Pour l’instant, il n’y a pas de déclaration de nouvelle épidémie.

4Existe-t-il un vaccin contre Ebola ?

Un vaccin mis au point en 2015 a largement contribué à combattre la maladie. Il a d’abord été expérimenté en Guinée Conakry, où il a fait ses preuves lors de la grande épidémie (2013-2016) qui a touché l’Afrique de l’Ouest. Depuis, le vaccin, commercialisé sous le nom Ervebo, du groupe américain Merck & Co, et un autre du groupe Johnson & Johnson ont été utilisés en République démocratique du Congo pour venir à bout de deux flambées, dans l’est et le nord-ouest du pays. Le vaccin Ervebo représente un "progrès majeur" selon la revue revue médicale indépendante Prescrire qui rappelle que sa durée de protection n’est pas connue. Sa conservation est contraignante, ce qui complique son utilisation dans de nombreux pays. La vaccination ne dispense pas d'observer les mesures d'hygiène.

5Doit-on craindre une propagation du virus ?  

La "résurgence" du virus Ebola à l'est de la RDC est particulièrement inquiétante pour les habitants de cette région qui font face, outre la menace d’Ebola, à une insécurité permanente. Depuis la grande épidémie de 2013-2016 en Afrique de l'Ouest, qui a fait 11 000 morts, l'exportation des cas en Occident a été très limitée et les personnes malades, soignées. Avec les mesures actuelles prises contre le Covid-19, l’arrivée d’Ebola semble très peu probable. Mais à chaque résurgence de cas en Afrique, l’OMS redoute une propagation du virus dans le monde. L'agence onusienne avait d'ailleurs élevé la précédente épidémie dans l'est de la RDC au rang d'urgence sanitaire internationale. Et "comme les virus ne prennent pas de pause", selon le directeur de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, la meilleure défense contre toute flambée consiste selon lui à investir dans des systèmes de santé plus solides dans les pays les plus exposés.

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