Algérie : le journaliste Moncef Aït Kaci, ex-correspondant de France 24, a été libéré

La détention de Moncef Aït Kaci et du caméraman Ramdane Rahmouni avait suscité une grande émotion et déclenché une vague de protestations sur les réseaux sociaux.

Moncef Aït Kaci, Echourouknews, 15 mars 2018. 
Moncef Aït Kaci, Echourouknews, 15 mars 2018.  (CAPTURE D'ECRAN YOUTUBE, ECHOUROUKNEWS)

Le journaliste algérien Moncef Aït Kaci, correspondant de France 24 jusqu'à peu, et le caméraman Ramdane Rahmouni ont été libérés, mercredi 29 juillet, après plusieurs heures de détention, ont annoncé la chaîne d'information internationale et RSF. Ces arrestations avaient suscité l'inquiétude de RSF quant à une "répression accrue de la liberté de la presse en Algérie".

"Nous avons appris l'arrestation du journaliste Moncef Aït Kaci en Algérie, correspondant de France 24 jusqu'à encore récemment. Son avocat n'a pas précisé les raisons de son interpellation, mais a simplement dit que les accusations qui pèsent sur lui sont graves", avait expliqué France 24 dans son journal télévisé.

"Accréditation"

Les faits reprochés à Moncef Aït Kaci n'ont pas été détaillés, mais selon sa défense, il s'agirait d'un problème d'accréditation. Selon RSF) les deux journalistes sont poursuivis depuis novembre 2019. Ils sont accusés de "nuire à l'intérêt national, en vertu de l'article 96 du code pénal, de financement étranger et de collaboration sans accréditation avec une chaîne de télévision", a précisé RSF dans un communiqué. Il est obligatoire d'être accrédité auprès des autorités pour travailler en tant que correspondant de médias étrangers en Algérie. Aucune accréditation n'a été délivrée pour les correspondants locaux de médias français, y compris l'AFP, pour 2020.

"Le 1er juillet 2020, mes employeurs (France 24) ont décidé de mettre fin à leur collaboration avec moi en tant que correspondant, car je ne travaillais plus sur le terrain, car justement j'ai respecté les instructions", a écrit avant son arrestation Moncef Aït Kaci dans une lettre publiée sur le site d'information en ligne Casbah Tribune.

Emotion sur les réseaux sociaux

Sa détention et celle de son collègue ont suscité une grande émotion parmi leurs confrères et déclenché une vague de protestation sur les réseaux sociaux.

"RSF est profondément inquiète de la répression accrue de la liberté de la presse en Algérie : les autorités s'enfoncent dans la spirale infernale de la répression, où de nouvelles mesures arbitraires servent à masquer les précédentes", a déploré Reporters sans Frontières (RSF) dans un tweet.

"Après Khaled Drareni, notre correspondant et celui de TV5, incarcéré depuis quatre mois et dont nous réclamons la libération, c'est au tour de deux autres journalistes ce soir d'être placés en détention. Moncef Aït Kaci (...) et son collègue Ramdane Rahmouni sont victimes de la répression implacable des autorités", a dénoncé RSF.

Devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, Khaled Drareni, directeur du site Casbah Tribune, en détention depuis la fin mars, doit être jugé le 3 août prochain. Il est accusé "d'incitation à un attroupement non armé et d'atteinte à l'intégrité du territoire national" après avoir couvert début mars à Alger une manifestation du Hirak, le mouvement populaire antirégime qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension en raison de l'épidémie de Covid-19.

Selon le dernier classement de RSF sur la liberté de la presse, l'Algérie arrive en à 146e place, en perte de 5 places, sur 180.