Le Secrétaire général de l'ONU peine à trouver un envoyé spécial sur le conflit du Sahara occidental

Avant la prorogation du mandat de la Minurso, qui expire fin octobre au Sahara occidental, Antonio Guterres souhaite, selon l'AFP, que le processus des tables rondes à quatre se poursuive. 

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors de l\'inauguration de l\'exposition dédiée au ministre soviétique des Affaires étrangères, Andrei Gromyko, en marge de l\'Assemblée générale de l\'ONU au siège de l\'organisation à New York, le 27 septembre 2019.
Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors de l'inauguration de l'exposition dédiée au ministre soviétique des Affaires étrangères, Andrei Gromyko, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU au siège de l'organisation à New York, le 27 septembre 2019. (ALEXANDER SHCHERBAK / POOL)

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, espère dans un rapport du 2 septembre 2019 voir maintenir la "dynamique" politique engagée l'an dernier pour une solution au conflit du Sahara occidental, en dépit de l'absence d'un envoyé spécial sur ce dossier depuis quatre mois.

Un conflit sans fin

L'ex-émissaire de l'ONU Horst Köhler, démissionnaire en mai pour raison de santé, "a pu rétablir une dynamique et un élan pour le processus politique, via des tables rondes ayant réuni le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie", souligne Antonio Guterres dans ce document remis au Conseil de sécurité. Après une longue interruption du dialogue, deux tables rondes ont réuni en Suisse en décembre et mars les parties sans cependant aboutir à une percée significative. "Il est essentiel que cet élan ne soit pas perdu", ajoute le chef de l'ONU, toujours en quête d'un successeur à Horst Köhler, quatre mois après son départ.

Pour plusieurs diplomates, trouver le bon profil n'est pas évident. "Il faut quelqu'un d'un bon niveau, qui accepte de se mettre dans ce truc-là", soupire l'un d'eux en allusion à un conflit qui semble sans fin.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été le théâtre d'un conflit jusqu'en 1991, entre le Maroc, qui a annexé le territoire en 1975, et le Front Polisario, qui réclame l'indépendance de cette étendue désertique de 266 000 km² dans une région riche en phosphates et bordée d'eaux poissonneuses.

Un manque de confiance entre les parties

Un cessez-le-feu signé en septembre 1991 sous l'égide de l'ONU prévoyait un référendum d'autodétermination dans les six mois, sans cesse repoussé depuis en raison d'un différend entre Rabat et le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire. L'ONU maintient sur place une force de quelque 240 Casques bleus (Minurso) chargés de contrôler, notamment par des patrouilles aériennes et terrestres, le respect du cessez-le-feu.

Sur la période considérée, entre avril et septembre, "la situation sur le terrain au Sahara occidental est restée relativement calme en dépit de certaines incertitudes (...) et le cessez-le-feu entre les parties a été respecté", note le Secrétaire général.

La Minurso a modifié son mode opérationnel, précise-t-il. Sa zone d'intervention a été divisée en trois secteurs dotés chacun d'un hélicoptère. Grâce à l'Union européenne, elle a accès à de l'imagerie géospatiale et à de l'analyse pour être "plus vite alertée en cas de violations ou de menaces à l'égard du cessez-le-feu".

Un mécanisme pour des réunions militaires mensuelles à différents échelons a aussi été créé, mais sa mise en œuvre bute sur des divergences quant au lieu où doivent se tenir ces rencontres. "Un manque de confiance continue de dominer entre les parties", regrette Antonio Guterres.

Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé à renouveler en octobre le mandat de la Minurso.