Libye : pourquoi les élections prévues fin décembre semblent compromises

Les divergences entre les deux camps rivaux éclatent au grand jour.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le Premier ministre libyen Abdel Hamid Dbeibah s'exprime lors d'une manifestation place du Parlement à Tripoli contre la motion de censure, le 21 septembre 2021. (MUCAHIT AYDEMIR / ANADOLU AGENCY)

Le Parlement libyen a voté le 21 septembre 2021 une motion de censure contre le gouvernement de transition du Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah, replongeant le pays dans une nouvelle crise politique à trois mois d'élections censées mettre fin à une décennie de chaos.

Retour à la case départ

Ceux qui ont cru à un nouveau départ en Libye vont devoir s’armer de patience. Les élections législatives et présidentielle fixées au 24 décembre prochain semblent compromises en raison de nouvelles divisions entre camps rivaux. Ceux-là même qui avaient accepté l’accord conclu il y a un an sous l’égide de l’ONU, qui prévoyait la fin des hostilités et la mise en place d’un gouvernement d’union et de transition.

Le revirement

Le Parlement dirigé par Aguila Saleh, un allié de poids du maréchal Haftar l’homme fort de l’Est libyen, semble se désengager du processus politique en cours. Il se veut soudain plus regardant sur l’action du gouvernement, ses nominations, ses dépenses et va jusqu’ à voter une motion de censure. Le vote de confiance accordé au gouvernement d’Abdel Hamid Dbeibah en mars dernier tombe à l’eau. Le Parlement demande au gouvernement de se contenter d 'expédier les affaires courantes. 

L'élection en filigrane

Ce rebondissement intervient quelques jours après la ratification d’une loi électorale en prévision du double scrutin présidentiel et législatif fixé au 24 décembre. La loi controversée semble taillée sur mesure pour le maréchal Khalifa Haftar. Elle permet à un militaire de se présenter à la présidentielle, à condition d'abandonner "ses fonctions trois mois avant le scrutin." En somme, l’homme fort de l’Est qui n’a pas pu s’emparer de Tripoli a désormais la voie grande ouverte pour arriver à la tête du pays d’une manière démocratique.

Un rendez-vous manqué 

La méfiance du Parlement vis-à-vis du Premier ministre et du gouvernement est peut-être légitime et le pouvoir législatif a tout à fait le droit de contrôler le pouvoir exécutif. Abdel Hamid Dbeibah n’est pas irréprochable, loin de là. Le chef du gouvernement de transition a été l’objet d’enquêtes pour des malversations tant en Libye qu'à l'étranger, et ce n’est un secret pour personne. C’était néanmoins l’homme-clé de la transition, validé par tous en Libye pour préparer les élections.

Les divisions qui éclatent au grand jour risquent de saper le processus mis en place par l’ONU pour ouvrir une nouvelle page en Libye. Ce ne serait pas le premier rendez-vous manqué. Plusieurs accords sur la tenue de scrutins avaient été conclus ces dernières années mais ils sont restés lettre morte.

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