Guinée Bissau : les enseignants cessent à nouveau le travail

Les enseignants ont à nouveau repris, le 28 février 2019, leur mouvement de grève, suspendu pendant deux semaines. Ils dénoncent le non-respect par le gouvernement, selon leurs syndicats, d'accords portant notamment sur les salaires et l'amélioration de leurs conditions de vie.

Des élèves manifestent le 7 décembre 2018 pour demander la reprise des cours, perturbés par la grève des enseignants.
Des élèves manifestent le 7 décembre 2018 pour demander la reprise des cours, perturbés par la grève des enseignants. (STRINGER / AFP)

La grève intervient alors que se poursuit la campagne pour les élections législatives du 10 mars, initialement prévues en novembre 2018. Ces élections doivent permettre de mettre fin à la crise que traverse le pays depuis l'éviction en août 2015, par le président José Mario Vaz, du Premier ministre Domingos Simoes Pereira.

Les enseignants de Guinée Bissau reprochent au gouvernement de n'avoir pas respecté ses "promesses". En l'occurrence le paiement de trois mois d'arriérés de salaires, d'amélioration de leurs conditions de vie, de publication au Journal officiel d'un nouveau plan de carrière et la mise en œuvre d'une nouvelle grille salariale, selon leur coordination.

"Ils ont menti"

"Ils nous ont menti sur toutes les promesses faites. Comme nous ne sommes pas dupes, nous avons tout simplement cessé de travailler", a déclaré à l'AFP le chef de la coordination des grévistes, Beghoma Eduarte Sanha. Le mouvement se poursuivra tant que le gouvernement n'aura pas trouvé pas de solutions aux problèmes dans l'éducation, a-t-il ajouté.

"Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à cette menace d'année blanche. L'éducation est un droit que l'on nous refuse", a réagi devant la presse Bacar Mané, coordonnateur de la Charte 21, un collectif d'élèves et d'étudiants. "Nous allons occuper la rue si aucun consensus n'est obtenu à l'issue des négociations entre le gouvernement et les trois syndicats des enseignants."

"Si le ministre de l’Education met à exécution sa menace de nous virer tous, nous allons poursuivre notre mouvement. Nous n’allons pas désarmer. Le gouvernement en sera responsable. Il expliquera au peuple pourquoi les écoles restent fermées", a affirmé un syndicaliste cité par RFI. Début janvier, le ministre avait menacé de recruter d'autres enseignants si les grévistes ne reprenaient pas le travail.

Un gouvernement chargé d'organiser les élections

Depuis septembre, les professeurs ont fait des grèves à répétition pour réclamer du gouvernement le respect d'accords conclus après plusieurs années de revendication. Ces accords prévoyaient notamment "l’application d’une augmentation des salaires de 40%" et "l’ouverture de négociations 'sur un salaire de base de tous les enseignants de huit millions de francs guinéens' (762 euros)", rapporte Jeune Afrique

De son côté, "le gouvernement (...), dont la tâche est essentiellement d’organiser (les élections), n’est pas dans une logique de satisfaire aux exigences des enseignants", analyse RFI. Au début du mouvement, il "affirmait que la masse salariale dans l’Education avait plus que triplé depuis 2011, en raison de la revalorisation du salaire de base et de l’embauche de nouveaux enseignants", selon Jeune Afrique.

La Guinée Bissau, ex-colonie portugaise, figure tout en bas du classement de l'indice de développement humain (IDH), établi par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) : le pays est 215e sur 228.