G5 Sahel : il n'y aura pas de baisse "dans l'immédiat" des effectifs militaires français, annonce Emmanuel Macron

En janvier 2021, Emmanuel Macron avait déclaré que la France allait "ajuster son effort" au Sahel.

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Emmanuel Macron assiste en visioconférence à une réunion du G5 Sahel, depuis Paris, lundi 15 février 2021.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Pour Emmanuel Macron, les défis des pays du Sahel face au terrorisme nécessitent de renforcer à la fois la lutte contre les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et de réinstaurer l'Etat dans les territoires délaissés de la région. Un an après le sommet de Pau (Pyrénées-Atlantique), le président français a pris la parole par visioconférence, mardi 16 février, à l'occasion du sommet du G5 Sahel qui se tient à N'Djamena, la capitale du Tchad.

Un an plus tôt, le sommet de Pau avait débouché sur un renforcement militaire dans la zone des "trois frontières" et l'envoi de 600 soldats français supplémentaires, les faisant passer de 4 500 à 5 100. Cette fois, le président n'a pas évoqué de réduction des effectifs de l'opération Barkhane, annonçant qu'il n'y aura pas de baisse "dans l'immédiat" des effectifs militaires français au Sahel.

Plus tôt, le président français avait salué la décision annoncée la veille par le président tchadien Idriss Déby Itno d'envoyer 1 200 soldats dans cette zone des "trois frontières", louant "une décision forte et courageuse qui viendra conforter la force du G5 Sahel".

"Décapiter ces organisations"

"Nous avons réussi à obtenir de véritables résultats dans la zone des 'trois frontières'", entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, et le principal groupe visé, l'organisation Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), "a perdu son emprise et subit de nombreuses pertes", avait d'abord salué le président français. Mais des organisations affiliées à Al-Qaïda constituent toujours une menace au Sahel, a-t-il souligné. Ainsi, il a promis "une action renforcée" pour "essayer d'aller décapiter ces organisations".

Au-delà du volet militaire, le président français a appelé au "retour de la sécurité et des services aux populations", réclamant "une impulsion au plus haut niveau de l'Etat" pour réinvestir les territoires délaissés de la région. "C'est par le collectif et l'action concrète sur le terrain que nous réussirons. La France continuera d'y prendre sa part, parce que je sais que chacun est ici mobilisé", a-t-il conclu.

Des groupes jihadistes toujours actifs

En janvier 2021, Emmanuel Macron avait déclaré que la France allait "ajuster [son] effort", privilégiant deux solutions : l'"internationalisation", incarnée par le nouveau groupement de forces spéciales Takuba, auquel participent plusieurs dizaines d'Estoniens, de Tchèques et de Suédois, et la "sahélisation", soit le passage du témoin aux armées nationales locales que la France forme avec l'Union européenne. Or, ces armées nationales sont pour l'heure sous-entraînées et sous-équipées

Dans ce contexte, les pays du G5 Sahel ont réclamé lundi des efforts financiers supplémentaires pour combattre les jihadistes tout en promettant d'"autonomiser" leur force armée conjointe au moment où Paris voudrait les voir assumer le relais militaire, mais aussi politique, pour réduire son engagement.

Car en dépit des succès tactiques revendiqués, le tableau demeure très sombre au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Plus de huit ans après le début de la crise, quasiment pas un jour ne passe sans une attaque armée, l'explosion d'une mine artisanale ou des exactions contre les civils. La barre des deux millions de déplacés a été franchie en janvier.

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