Retour de Sophie Pétronin en France : "Le président écarquillait les yeux, elle avait envie de lui raconter plein de choses", témoigne son fils

Sophie Pétronin est rentrée en France vendredi 9 octobre à la mi-journée, accueillie par sa famille et Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron en compagnie de Sophie Pétronin, l\'ancienne otage au Mali, arrivée sur le sol français à Villacoublay (Yvelines), le 9 octobre 2020.
Emmanuel Macron en compagnie de Sophie Pétronin, l'ancienne otage au Mali, arrivée sur le sol français à Villacoublay (Yvelines), le 9 octobre 2020. (NATHANAEL CHARBONNIER / ESP - REDA INTERNATIONALE)

"Elle était intarissable et on avait un président qui écarquillait les yeux. Elle avait envie de lui raconter plein de choses", a témoigné sur franceinfo vendredi 9 octobre, Sébastien Chadaud-Pétronin, fils de Sophie Pétronin, rentrée en France après quatre ans de captivité au Mali. "Elle nous a bluffés. Elle nous a littéralement surpris, par son état de santé. Elle est revenue et elle avait la force avec elle. Aucune colère", a-t-il ajouté.

Selon son fils, Sophie Pétronin "a essayé de trouver des solutions pour tenir et de mettre un peu de légèreté dans cet enfer. Elle a réussi puisqu'elle est revenue. Elle est en forme, elle a toute sa tête. Elle a gardé un peu de malice dans les yeux".

franceinfo : Comment va votre mère depuis qu'elle est revenue en France ?

Sébastien Chadaud-Pétronin : Elle est en train de faire des examens pour s'assurer que tout va bien. Mais on pense vraiment que tout va bien. Elle nous a bluffé. Elle nous a littéralement surpris, par son état de santé. Elle est revenue et elle avait la force avec elle. Aucune colère. Elle avait la paix, le bon discours. Elle était en pleine forme. Après 2 000 km en 4X4 et plusieurs vols aériens enchaînés les uns après les autres et beaucoup d'émotions, elle est un peu fatiguée, même si ma mère est un roc. Elle va finir ses examens et ensuite on a un moment qui va être très intime à l'hôtel avec la famille.

Il n'y a pas eu de discours tout à l'heure sur le tarmac de Villacoublay, ni de sa part, ni d'Emmanuel Macron, pourquoi ?

Aucune idée, nous on n'a pas vraiment l'habitude de ce genre de situations et on ne connaît pas le protocole. Ce que je sais c'est qu'il y a eu beaucoup d'émotions à la sortie de l'avion et on s'est retrouvés dans un salon. Ma mère a longtemps échangé avec Messieurs Macron et Le Drian. On a eu un président qui nous a communiqué sa joie. Elle était intarissable et on avait un président qui écarquillait les yeux. Elle avait envie de lui raconter plein de choses. Je l'ai déjà supportée pendant 5 heures et demie dans l'avion et on n'a pas pu dormir. Après quatre ans d'absence elle avait beaucoup de choses à nous dire. On n'a pas fini, elle et moi, d'avoir des discussions. J'ai encore plein de questions à lui poser et je crois qu'on a besoin de passer beaucoup de temps ensemble... J'ai mis tout mon cœur. J'ai continué à me battre alors que je me voilais la face parce qu'au fond je n'y croyais plus. J'ai cadenassé mes émotions.

Vous avez beaucoup d'admiration pour votre maman ?

Elle est incroyable. Elle nous a raconté son histoire depuis quatre ans. Ma mère, on la met dans n'importe quelle situation, elle trouve toujours une solution de voir de la lumière et de se faire des amis. Les conditions n'étaient pas faciles et elle a la pudeur de ne pas parler de ces choses-là. Elle a essayé de trouver des solutions pour tenir et de mettre un peu de légèreté dans cet enfer. Elle a réussi puisqu'elle est revenue. Elle est en forme, elle a toute sa tête. Elle a gardé un peu de malice dans les yeux.