La Cour internationale de Justice accorde à la Somalie la majeure partie d'une zone maritime revendiquée par le Kenya

La Somalie et le Kenya s'opposent depuis 2009 sur le tracé de leur frontière maritime dans l'océan Indien.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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A Lamu, le 15 mars 2021, des pêcheurs kényans revendiquent une zone maritime que se disputent le Kenya et la Somalie. La Cour internationale de Justice basée à La Haye vient de rendre son arbitrage. (TONY KARUMBA / AFP)

La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu son arbitrage le 12 octobre 2021, accordant à la Somalie la majeure partie d’une zone maritime de 100 000 km², revendiquée par le Kenya. La plus haute juridiction de l’ONU, dont le siège est à La Haye aux Pays-Bas, a statué qu'il n'y avait "pas de frontière maritime convenue" et a tracé une nouvelle frontière proche de celle revendiquée par la Somalie. Le Kenya conserve toutefois une partie du triangle d'eau contesté.

Pétrole et poissons

Au-delà d'une question de souveraineté, il s'agit d'un enjeu économique car la zone maritime est très poissonneuse et potentiellement riche en pétrole et en gaz. Le Kenya y a notamment accordé trois permis d'exploration pétrolière à la compagnie italienne ENI.

La redéfinition de la frontière en faveur de la Somalie ampute les zones de pêche kényanes aux environs de l'île de Lamu.

Ce différend frontalier envenime depuis des années les relations entre les deux pays. Dans le cadre d'un mémorandum en 2009, ils étaient convenus de régler le différend par des négociations bilatérales, qui n’ont jamais abouti.

Le Kenya rejette l'arbitrage 

Estimant que "les négociations diplomatiques (...) n'ont pas permis de résoudre leur désaccord", la Somalie a saisi le 28 août 2014 la CIJ, plus haute instance judiciaire de l'ONU, qui s’est déclarée compétente.

Le président du Kenya Uhuru Kenyatta a immédiatement réagi après la décision de la cour : "Le gouvernement kényan rejette totalement et ne reconnaît pas les conclusions de la CIJ." Son pays avait récemment déclaré ne plus reconnaître l'autorité de la cour, l'accusant de partialité.

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