La Namibie vend aux enchères un millier de bêtes sauvages à cause d'une sécheresse historique

Afin de conserver les espèces et limiter les pertes animales, les autorités de Windhoek ont décidé de mettre en vente environ mille animaux vivant en liberté dans des zones protégées.

Le Springbok ou \"Antidorcas marsupialis\" est une antilope sauteuse vivant dans les plaines arides d\'Afrique méridionale. Il est photographié ici dans le Parc national d\'Etosha au nord de la Namibie, le 26 février 2019.
Le Springbok ou "Antidorcas marsupialis" est une antilope sauteuse vivant dans les plaines arides d'Afrique méridionale. Il est photographié ici dans le Parc national d'Etosha au nord de la Namibie, le 26 février 2019. (MATTHIAS TOEDT / DPA-ZENTRALBILD)

La Namibie, pays désertique et peu peuplé (2,4 millions d'habitants pour 842 000 km²), a toujours été sur le fil du rasoir en matière d'aridité. L'ancienne colonie allemande, qui a déclaré en mai 2019 l'état de catastrophe naturelle en raison d'une sécheresse durable, connaît des saisons des pluies faibles depuis au moins 2013.

Les autorités ont donc décidé de mettre en vente un millier d'animaux sauvages pour limiter les pertes animales et disposer de 1,1 million de dollars afin de préserver les différentes espèces, a annoncé le ministère de l'Environnement le 15 juin 2019.

La Namibie est enserrée entre deux déserts : celui du Namib, considéré comme le plus vieux désert du monde, et celui du Kalahari qui déborde du Botswana voisin.
La Namibie est enserrée entre deux déserts : celui du Namib, considéré comme le plus vieux désert du monde, et celui du Kalahari qui déborde du Botswana voisin. (franceinfo Afrique)

Des conditions de pâturage très mauvaises

Le pays souffre d'une des plus sévères périodes de temps sec de ces dernières années. La météo locale estime que dans certaines parties du pays, il s'agit de la pire sécheresse depuis 60 à 90 ans. C'est pourquoi "le ministère aimerait vendre différents types d'animaux qui se trouvent dans des zones protégées afin de générer des fonds qui sont nécessaires pour les parcs et la gestion de la vie sauvage", a déclaré le porte-parole du ministère, Romeo Muyunda. "Les conditions de pâturage dans la plupart de nos parcs sont extrêmement mauvaises et si nous ne réduisons pas le nombre d'animaux, cela conduira à une perte d'animaux qui mourront de faim", a-t-il dit.

La Namibie, paradis des amateurs de safaris haut de gamme, a donc annoncé que le gouvernement allait vendre un millier de bêtes sauvages : 600 buffles, 150 springboks, 65 oryx, 60 girafes, 35 élans, 28 éléphants, 20 impalas et 16 kudus afin d'obtenir 1,1 million de dollars destinés à la conservation des races animales. Il y a actuellement 960 buffles dans les parcs nationaux, 2000 springboks, 780 oryx et 6400 éléphants.

De nombreuses bêtes sauvages sont mortes de soif en 2018

En avril 2019, un rapport du ministère de l'Agriculture avait indiqué que 63 700 animaux avaient péri en 2018 en raison de la sécheresse. Une situation que le pays ne voudrait pas voir se reproduire.

Il reste que la Namibie a sollicité l'aide internationale. "Les moyens de subsistance d'une majorité de Namibiens sont menacés, notamment ceux qui dépendent des activités de l'agriculture", avait déclaré en mai la Première ministre, Saara Kuugongelwa-Amadhila.