L'inflation, désormais à trois chiffres, continue à miner l'économie du Zimbabwe

L'inflation annuelle s'est envolée à 175,66% en juin, la plus forte depuis une décennie, selon des chiffres officiels. 

Des Zimbabwéens font la queue devant une agence bancaire à Harare, capitale du pays, le 26 février 2019.
Des Zimbabwéens font la queue devant une agence bancaire à Harare, capitale du pays, le 26 février 2019. (REUTERS - PHILIMON BULAWAYO / X02381)

"L'inflation annuelle pour le mois de juin 2019, calculée sur l'index des prix à la consommation, est de 175,66%, contre 97,85% en mai", a déclaré l'Agence nationale des statistiques du Zimbabwe dans un communiqué. Il s'agit de la plus forte hausse depuis une décennie.

Le 13 juillet, le gouvernement a encore relevé le prix des carburants de 16%. Il s'agit de la troisième hausse depuis le quasi triplement des prix à la pompe en janvier. Cette mesure avait provoqué un mouvement de contestation violemment réprimé par les forces de sécurité. Au moins 17 personnes avaient été tuées et des dizaines d'autres blessées, quand l'armée avait tiré sur les manifestants.

Depuis près de deux décennies, le Zimbabwe, ancien grenier à céréales de l'Afrique australe, est empêtré dans une crise économique et financière qui a provoqué le départ de millions d'habitants. Le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, aux commandes du pays pendant trente-sept ans, s'est engagé à relancer l'économie. En vain jusqu'à présent.

Vers le retour de l'hyperinflation ?

Le pays est confronté à des pénuries régulières de denrées de première nécessité, comme la farine, le pain, l'huile, mais aussi les carburants. Les Zimbabwéens sont aussi confrontés à de très longues coupures d'électricité pouvant aller jusqu'à 19 heures par jour.

Fin juin, le gouvernement a pris la décision surprise d'interdire les transactions courantes en devises étrangères. Une énième tentative d'assécher le marché noir des devises et d'éviter le retour de l'hyperinflation qui a ravagé le pays en 2008-2009. Depuis 2009, il était possible de régler ses dépenses (supermarché, essence, factures à l'hôpital...) en monnaies étrangères, notamment en dollars américains très prisés des commerçants.