Comment les islamistes déstabilisent la province stratégique de Cabo Delgado dans le nord du Mozambique

La région est en proie à une insurrection depuis plus de trois ans.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Des femmes déplacées ayant fui les attaques d'insurgés armés dans différentes zones de la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique, le 11 décembre 2020. (ALFREDO ZUNIGA / AFP)

La montée en puissance des jihadistes, dans le nord-est du Mozambiquecomplique la situation de ce pays pauvre d’Afrique australe, qui mise sur l'exploitation d'immenses réserves de gaz naturel liquéfié pour augmenter ses revenus et s'assurer une stabilité économique. Au Cabo Delgado, dans l'extrême nord du Mozambique, des civils sont décapités ou démembrés dans les champs, des villages entiers sont incendiés et des milliers de familles vivent sous la menace des attaques d’un groupe armé islamiste qui a prêté allégeance à l'organisation terroriste Etat islamique.

Le mouvement qui prônait au départ la lutte contre la corruption et l'application de la charia (la loi islamique) a pris une tournure violente dès 2017. Le conflit a déjà fait 2 500 morts, dont plus de la moitié de civils, selon l'ONG ACLED. Des centaines de milliers d'autres ont été déplacés.

"Les attaques ont forcé plus de 565 000 personnes à fuir (...) abandonnant leurs cultures et leurs moyens de subsistance"

Communiqué de l'ONU

Une crise humanitaire grave

Plus d’un demi-million de déplacés en trois ans, c’est énorme pour ce pays pauvre qui a dû faire face ces deux dernières années à des intempéries dévastatrices dont un cyclone et une pandémie. L’ONU s’inquiète face à cette escalade de la violence qui aggrave la crise humanitaire déjà en cours. La montée en puissance des insurgés islamistes a également d’autres retombées.

Une situation hors de contrôle ?

La province stratégique de Cabo Delgado est l'une des plus pauvres du pays. C’est pourtant ici que se trouve l’immense projet gazier piloté par le groupe français Total qui devrait faire du Mozambique l’un des principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié. Mais aujourd’hui l’insécurité met à mal ce projet ambitieux. L’armée mozambicaine s’est montrée incapable de contrer la guérilla islamiste qui contrôle une bonne partie de la zone côtière, y compris le port de Mocimboa da Praia, crucial pour l'arrivée du matériel nécessaire aux installations gazières.

"Ce dont l'armée a le plus besoin, c'est de moyens pour combattre l'insurrection"

Calton Cadeado, chercheur du Centre d'études internationales et stratégiques, à l'université de Maputo

à l'AFP

Le président mozambicain Filipe Nyusi s'est engagé à "établir un plan de sécurité" autour du projet. Reste à savoir avec quels moyens. Plusieurs pays ont proposé leur aide au Mozambique pour combattre l'insurrection islamiste, dont le Portugal, ancienne puissance coloniale, les Etats-Unis, la Russie ou la France.

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