Cannes 2020 : "Souad" de l'Egyptienne Ayten Amin et "En route pour le milliard" du Congolais Dieudo Hamadi sélectionnés

Ils comptent parmi les 56 films qui bénéficieront d'un label Festival de Cannes.

Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, et son président Pierre Lescure (de dos) ont annoncé le 3 juin 2020, à Paris, la sélection officielle de la 73e édition.
Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, et son président Pierre Lescure (de dos) ont annoncé le 3 juin 2020, à Paris, la sélection officielle de la 73e édition. (SERGE ARNAL / STARFACE)

Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, a annoncé le 3 juin 2020 les films de la sélection officielle de la 73e édition du Festival de Cannes qui n'a pas pu se tenir à cause de la pandémie liée au Covid-19.

Parmi les 56 films, qui ne sont pas répertoriés dans les catégories habituelles du festival, figure Souad, de l'Egyptienne Ayten Amin. "C'est un film sur la jeunesse égyptienne (...). Là, le cinéma (...) permet de rentrer dans les maisons, de rentrer dans les façons de vivre des jeunes filles, en l'occurence de cette Souad (...). C'est un film tout à fait réussi", a conclu Thierry Frémaux en présentant l'œuvre produite par la Tunisienne Dora Bouchoucha.

Classé par le festival dans les Nouveaux venus (à une exception près, il s'agit d'une première sélection cannoise pour les réalisateurs, NDLR), la fiction figure à côté, entre autres, de Rouge, du cinéaste franco-algérien Farid Bentoumi (Good Luck Algeria) où il retrouve Sami Bouajila (Un Fils qui ressort en salles le 22 juin 2020). Ce dernier donne la réplique à Zita Hanrot, César du meilleur espoir féminin pour Fatima de Philippe Faucon en 2016, un film découvert à la Quinzaine des réalisateurs en 2015

Dieudo Hamadi en sélection officielle

Côté documentaire, trois au total dans la séléction officielle, le festival a retenu celui du cinéaste congolais Dieudo Hamadi. Le documentariste signe En route pour le milliard, le dernier d'une dizaine d'immersions, notamment dans le quotidien de ses compatriotes dont Maman Colonelle qui a été distingué dans plusieurs festivals.  

Le cinéaste y filme les membres de l'Association des victimes de la Guerre des Six Jours qui vont chercher réparation dans la capitale congolaise, Kinshasa. Cette guerre s'est déroulée à Kisangani, en République démocratique du Congo, du 5 au 10 juin 2000 entre deux groupes rebelles congolais. L’un était soutenu par le Rwanda, l’autre par l'Ouganda qui a été reconnu coupable de "crimes de guerre" par la Cour de justice internationale. Pourtant, les victimes attendent toujours d'être indemnisées. 

ADN de la réalisatrice française Maïwen (Polisse, Mon roi), une habituée de la Croisette, représente à la fois l'Algérie et la France dans la séléction 2020. Elle a "une part de son sang, de son ADN qui est algérien", a rappelé Thierry Frémaux. La cinéaste "évoque dans un film de fiction, dans lequel elle joue, son retour à ses racines", précise-t-il. Il est aussi question de l'Algérie dans le film du réalisateur belge Lucas Belvaux. Des Hommes, également en sélection officielle, parle de ces combattants français "qui sont revenus différents" de la guerre d'Algérie.