5 choses à savoir sur l’archipel des Comores à l'heure de la présidentielle

Une élection présidentielle anticipée a lieu ce 24 mars 2019 dans le petit archipel des Comores, où le président sortant Azali Assoumani est quasiment sûr de gagner.

Des Comoriens devant un mur d\'affiches, lors de la campagne présidentielle en mars 2019. 
Des Comoriens devant un mur d'affiches, lors de la campagne présidentielle en mars 2019.  (GIANLUIGI GUERCIA / AFP)

1Un mini-Etat

Situé sur le canal du Mozambique dans l’océan Indien, l’archipel des Comores est un tout petit Etat de la taille d’un département français. Il comprend trois îles : Grande-Comore, Anjouan et Mohéli, qui abritent près de 800 000 habitants, dont la moitié a moins de 20 ans. Le français est l’une des trois langues officielles avec l’arabe et le comorien. Le pays est indépendant depuis 1975 seulement.

2Un pays instable

Depuis son indépendance, les Comores ont été secouées par une série de coups d’Etat et de crises indépendantistes. Deux îles ont voulu s’affranchir et faire sécession, compliquant encore plus la situation. Pour tenter de régler les problèmes, une nouvelle Constitution a été mise en place en 2001. Elle prévoit notamment une large autonomie pour chacune des trois îles et instaure une présidence tournante de cinq ans entre Anjouan, Mohéli et Grande-Comore.

3Un équilibre très fragile

Avec ce sytème de présidence tournante, les dirigeants se succèdent, mais la stabilité n’est pas gagnée pour autant. En 2016, l’ex-putschiste Azali Assoumani accède à la fonction présidentielle, après un scrutin émaillé d’incidents. Deux ans avant la fin de son mandat, il organise un référendum et modifie la Constitution. La réforme contestée permet désormais au président d’accomplir deux mandats. Dans la foulée, Azali Assoumani organise une élection anticipée et remet ainsi les compteurs à zéro.

4Une élection gagnée d’avance

Dans la course à la présidentielle, le président sortant Azali Assoumani, 60 ans, est archi favori. Ses principaux opposants n’ont pas été autorisés à se présenter. Ils l’accusent de dérives autoritaires et redoutent "un hold-up électoral". Les douze candidats en lice ne font pas le poids et le président sortant a toutes les chances d’être réélu. Il pourrait donc rester au pouvoir jusqu’en 2029.

5Et Mayotte dans tout ça ?

La quatrième île de l’archipel n’est pas du tout concernée par ce scrutin. A l’indépendance en 1975, Mayotte a voulu rester dans le giron de la France. Toujours revendiquée par Moroni, elle est aujourd'hui encore une source de tensions entre la France et les Comores. Mayotte est surtout une destination pour les candidats à l'exil comoriens, qui fuient la pauvreté et l’instabilité de leur pays. Le département français d’outre-mer se trouve à 70 kilomètres à peine de leurs côtes. Le pouvoir d’achat y est dix fois supérieur au leur.