Les élections générales au Burkina Faso sous la menace du terrorisme

Les élections générales (présidentielle et législatives couplées) dimanche 22 novembre vont se dérouler dans un climat d'insécurité extrême, en raison des attaques jihadistes régulières. 20% du pays ne votera pas.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Une patrouille de police sécurise les lieux lors d'un meeting du président Roch Marc Christian Kaboré à Dori, le 10 novembre 2020. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

Nul ne peut garantir la protection des bureaux de vote et des électeurs le 22 novembre. C'est particulièrement vrai au nord du pays. "Ça va être un défi immense", reconnaît à l'AFP une source proche des autorités. "Comment organiser une élection dans une zone où les attaques sont presque quotidiennes ?", renvoie comme en écho un expert en sécurité burkinabè. La dernière en date, une embuscade contre un convoi de l'armée le 11 novembre dans l'extrême nord du pays, s'est traduite par la mort de 14 soldats. Une attaque revendiquée par l'organisation Etat islamique.

1 500 villages ne voteront pas

Le Conseil constitutionnel a reconnu que l'élection ne pourrait pas se tenir sur près d'un cinquième du territoire en raison de la "présence de groupes terroristes dans les localités, l'absence de l'administration dans les zones affectées (et) l'abandon par les populations de leurs sites d'habitation". A cause de l'insécurité liée aux groupes jihadistes, près de 1 500 villages (sur plus de 8 000) ne voteront pas le 22 novembre, soit 17,7% du territoire national, a constaté le Conseil constitutionnel.

Il faut ajouter à cela un exode massif de la population. Plus d'un million de personnes, soit 5% des habitants du Burkina, ont dû fuir les zones les plus dangereuses. Désormais, cette population vivote de petits boulots dans des villes beaucoup plus sûres. Or beaucoup, faute de papiers, n'ont pas réussi à s'inscrire sur les listes électorales.

Selon RFI, la commission électorale de Kaya, une ville de 80 000 habitants au centre-nord du pays, a traité 1 500 dossiers de transferts."Ca nous a pris deux mois en gros. Et chaque jour, on était là à remplir les demandes pour les envoyer à la Céni (Commission électorale nationale et indépendante, NDLR) à Ouaga . Donc ça n'a pas été vraiment facile", explique à RFI le président de la commission locale. Mais rien n'est dit sur le nombre potentiel d'électeurs écartés du suffrage.

La sécurité au cœur de la campagne 

L'insécurité s'est bien sûr invitée dans la campagne électorale, reléguant l'emploi et la lutte contre la corruption au second plan.

Si parmi les treize candidats, le président Roch Marc Christian Kaboré fait figure de favori à la présidentielle, l'opposition fustige sa gestion du terrorisme. Zéphirin Diabré, le principal acteur de l'opposition, l'a exprimé lors d'un meeting.

"L'action militaire toute seule n’a jamais pu vaincre le terrorisme. Dans aucune partie du monde", affirme le candidat. Et il n'exclut pas de négocier. "Parmi les groupes, il s’agit de voir quels sont ceux qui ont des revendications négociables et ceux qui ont des revendications qui ne sont pas négociables."

Une option partagée, selon les observateurs, par une bonne partie de la population, qui aspire d'abord à la paix. Mais nul ne sait quel sera son impact réel sur ces élections.

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