L'Algérie sanctionne Madrid et se rapproche de Rome et Paris

Alger revoit ses accords commerciaux avec l'Espagne après leurs différends sur le Sahara occidental, et favorise l'Italie et la France pour ses exportations de gaz.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune (à droite) reçoit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à Alger, le 14 avril 2022.  (PRESIDENCY OF ALGERIA/HANDOUT / ANADOLU AGENCY)

Alger vient de mettre ses menaces à exécution en fermant son marché aux produits espagnols. Par ailleurs, le gouvernement algérien a annoncé qu'il renforcera ses liens avec l'Italie pour acheminer du gaz vers l'Europe aux dépens de Madrid. Il a également a repris langue avec Paris.

Sanctionner Madrid

Trois semaines après la décision de Madrid de soutenir le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, l'Algérie a fermé son marché aux productions espagnoles. Après avoir rappelé son ambassadeur à Madrid, Alger a progressivement interdit l’importation de produits agricoles espagnols, en commençant par le bétail, ce qui affecte les intérêts des éleveurs de bovins espagnols. Alger avait menacé de revoir tous ses accords commerciaux avec l'Espagne après le brusque revirement diplomatique de Madrid sur la question du Sahara occidental. 

Un accord sur le gaz avec l'Italie

Le gouvernement algérien a annoncé qu'il augmentera le prix du gaz fourni à l'Espagne et qu’il renforcera ses liens plutôt avec l'Italie pour acheminer du gaz vers l'Europe. Alger a signé le 11 avril 2022 un accord visant à augmenter ses livraisons de gaz à une Italie qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie.

Selon un communiqué du groupe énergétique italien ENI, l'accord prévoit une croissance progressive allant jusqu’à neuf milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires par an, via le gazoduc Transmed qui relie les deux pays en transitant par la Tunisie. Mais, selon les experts, Alger ne dispose que d'une capacité très limitée pour augmenter ses exportations par gazoduc. Selon l'ancien ministre algérien de l'Energie, Abdelmajid Attar, le gaz pourrait également être liquéfié et envoyé par des méthaniers, sachant que "les unités de liquéfaction qui existent en Algérie ne sont exploitées qu'à 50-60% de leurs capacités".

Réchauffement diplomatique avec Paris

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a évoqué les questions énergétiques lors d'une visite éclair le 14 avril 2022 à Alger. Selon la presse algérienne, le ministre français des Affaires étrangères a discuté de la possibilité d'acheminer du gaz algérien vers Paris. Il a aussi abordé les questions alimentaires car Alger s’inquiète pour ses futures importations de blé, en lien avec la guerre en Ukraine.

Jean-Yves Le Drian et les responsables algériens ont également échangé sur la stabilité en Méditerranée et en Afrique, sur le terrorisme et les défis sécuritaires au Sahel et en Libye. Selon les observateurs, la France et l'Algérie s'efforcent de donner un nouvel élan à leur relation après une grave crise diplomatique. "Nous avons poursuivi le travail engagé sur la relance en cours de nos relations bilatérales, essentielles pour chacun de nos deux pays et que nous souhaitons inscrire dans la durée, avec la perspective d'une réunion prochaine du CIHN", le Comité intergouvernemental de haut niveau franco-algérien, a indiqué le ministre français le 13 avril 2022.

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