Elisabeth Borne en Algérie : ces dossiers qui attendent la Première ministre

Accompagnée de seize ministres, Elisabeth Borne entame dimanche une visite de deux jours en Algérie pour donner "une impulsion nouvelle" à la réconciliation amorcée en août par Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune. 

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Radio France
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Elisabeth Borne, le 6 octobre 2022, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

La Première ministre Elisabeth Borne et seize membres du gouvernement décollent dimanche 9 octobre pour l'Algérie en fin de matinée. Il s'agira bien sûr de signer de nombreux de contrats économiques, notamment dans le cadre de la transition écologique, mais aussi dans le cadre de partenariats pour la jeunesse et ainsi que dans l'éducation. Autre objectif, un an et demi après la visite d'Emmanuel Macron à Alger : sceller la réconciliation entre la France et l'Algérie, notamment par le biais de symboles forts. Comme, en premier lieu, la taille inédite de la délégation de 16 ministres, qui représente plus du tiers du gouvernement. Du jamais vu.

Avant Elisabeth Borne, Jean Castex aurait dû se rendre à Alger en avril 2021, mais la visite avait été annulée quasiment à la dernière minute : l'une des raisons évoquées par Alger était que sa délégation n'était pas suffisamment importante. Cette fois, l'exécutif corrige le tir.

Le gaz n'est officiellement pas à l'ordre du jour

Matignon parle d'une "impulsion nouvelle" donnée à cette relation que Paris souhaite tourner vers l'avenir. Aussi la visite s'articule-t-elle autour de deux axes. D'abord la jeunesse, avec la présence du ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye et de la ministre de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau, qui seront du voyage. Deuxième axe : la coopération économique dans le domaine pharmaceutique, avec des projets d'investissements de Sanofi, qui s'envole aussi pour Alger. Des accords bilatéraux devraient par ailleurs être signés dès dimanche dans le champ de la transition énergétique, même si, sur l'énergie, le gouvernement prend soin de préciser que le gaz n'est pas à l'ordre du jour de ce déplacement.

Au programme, en revanche, un forum d'affaires, auquel participera une quarantaine d'entreprises françaises, en présence d'Elisabeth Borne. L'impératif pour Paris est de renouer des liens un peu distendus depuis la crise sanitaire et la chute d'Abdelaziz Bouteflika et des réseaux qui lui étaient liés. La Chine et les pays du Golfe en ont depuis profité pour se rapprocher d'Alger, mais Paris veut démontrer qu'elle compte bien reconquérir ses parts de marché.

La question délicate des visas

Et il y a aussi la délicate question des visas, dont Paris a restreint la distribution dans les trois pays du Maghreb, avec un ultimatum posé sur la table : soit ces pays, et donc l'Algérie, acceptent de délivrer des laissez-passer consulaires et de récupérer leurs ressortissants arrivés illégalement en France, soit la France restreint le nombre de visas accordés chaque année.

Au plus fort de la crise, ce quota de visas a été divisé par deux, avec des résultats mitigés. Il y a du mieux, selon l'exécutif français, mais les discussions n'ont pas totalement abouti non plus, Alger faisant valoir de son côté que les dossiers qui lui sont présentés ne concernent pas tous des ressortissants algériens, un arguments utilisé également par ses deux voisins marocains et tunisiens. Fin août, Emmanuel Macron avait tenté une autre approche, plus incitative, en assouplissant le régime des visas pour les étudiants, les entrepreneurs, les scientifiques et les sportifs, les artistes.

Mais, là encore, Alger doit coopérer de manière plus accrue dans la lutte contre l'immigration illégale. C'est le dossier qui sera évoqué, notamment par Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, qui s'envole lui aussi à Alger tout à l'heure avec Elisabeth Borne.

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