Présidentielle en Algérie : des jeunes manifestent toute la nuit après l'officialisation de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika

Un important dispositif policier a été déployé à Alger, où de nombreux véhicules sillonnaient à coup de klaxons le centre-ville.

Des manifestants à Alger (Algérie), le 3 mars 2019. 
Des manifestants à Alger (Algérie), le 3 mars 2019.  (MAXPPP)

Ils ne sont pas allés se coucher. Plusieurs centaines de jeunes ont défilé, dans la nuit du dimanche 3 mars au lundi 4 mars, dans le centre d'Alger et ailleurs en Algérie pour protester contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat de président. Ces manifestations font suite au dépôt officiel, quelques heures plus tôt, du dossier de l'actuel chef de l'Etat, gravement affaibli par un AVC depuis 2013.

Confronté à une contestation inédite depuis qu'il est arrivé à la tête de l'Etat il y a 20 ans, Abdelaziz Bouteflika s'est engagé, s'il est réélu, à organiser une élection présidentielle anticipée avant la fin de son mandat. Mais cette annonce n'a pas convaincu les manifestants qui ont quand même passé la nuit à battre le pavé.

Un hélicoptère survole Alger

A Alger, des petits groupes de jeunes continuaient d'arpenter les rues du centre-ville en chantant. De nombreux véhicules, voitures et scooters, sillonnaient à coup de klaxons le centre-ville, survolé par un hélicoptère. Un important dispositif policier a été déployé.

En Kabylie – une région traditionnellement frondeuse – plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés à Béjaïa aux cris de "Vous voulez la guerre ? On est là !" Des marches nocturnes similaires se sont déroulées dans d'autres villes, selon le site internet TSA, notamment à Jijel, Boufarik, Bouira et Guelma.