Déplacement houleux de Marine Le Pen en Guadeloupe : "Si l'objectif était de m'intimider, c'est raté"

La candidate du Rassemblement national, en pleine campagne, est en Guadeloupe. Comme la veille, avec l'enregistrement chahuté d'une émission de télévision, sa venue sur le marché de Sainte-Anne dimanche s'est déroulée dans une ambiance tendue. 

Article rédigé par
Hadrien Bect - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle en 2022. (MYLENE DEROCHE / MAXPPP)

Dans les allées du marché de Sainte-Anne en Guadeloupe, entre les stands de sirop de vanille et de palmiers, les slogans "racistes dehors" d'un côté, "Marine présidente" de l'autre, s'entrechoquent. Des militants des deux bords, quelques badauds et au milieu Marine Le Pen, sourire imperturbable.

Preuve de la tension parmi les passants, les avis sont tranchés sur l'accueil à réserver à la candidate d'extrême-droite. "Elle a le droit, comme tout le monde, d'aller où elle veut, de faire ce qu'elle a envie. Moi, je ne suis contre personne, au contraire", déclare l'un d'eux. Une référence à l'enregistrement mouvementé d’une interview pour France 3 : des militants nationalistes ont chahuté Marine Le Pen, qui a vu son micro arraché, avant d'être évacuée en urgence par ses gardes du corps.

À l'inverse, une commerçante estime que Marine Le Pen "n'est absolument pas la bienvenue. On ne voit pas ce qu'elle vient faire, on ne voit pas pourquoi elle a des adhérents. On ne comprend pas. On est hostile. Moi, j'ai viré les journalistes et tous ceux qui étaient là en train d'attendre. On ne veut pas de ça. Nous, on vient travailler. Ces gens-là ne nous apportent rien du tout, si ce n'est la haine", affirme-t-elle avec colère. 

Qu'importe l'hostilité, personne ne s'en prend à Marine Le Pen. Forte présence de gendarmes, un des agents qui protègent la candidate se saisit même d'une poêle sur laquelle tape un militant. La candidate du Rassemblement national, elle, arpente soigneusement et ostensiblement chaque allée du marché de Sainte-Anne. "On va jusqu'au bout. On ne s'appelle pas Le Pen pour rien", défie la prétendante à l'Élysée.

>>> Présidentielle 2022 : Marine Le Pen prise à partie à la Guadeloupe, elle et son équipe portent plainte

Épilogue d'un déplacement qui rappelle furieusement les grandes heures du Front national, entre exfiltration par le parking de l'hôtel, interview annulée, jeu de piste avant de se retrouver au milieu d'un champ de melons. Marine Le Pen s'emploie à minimiser. "Ce n'est pas très grave. Tout ça n'est pas très grave ! Si l'objectif était de m'intimider, l'objectif est raté".

"Sécurité mal assurée", dénonce Marine Le Pen

La candidate a mis directement en cause le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "S'il faisait son travail plutôt que de faire campagne, peut-être qu'on n'arriverait pas à ce genre de situation. Quand les services de l'Etat ne font pas leur travail, n'importe quel groupe de dix personnes est capable de perturber n'importe quel déplacement, de n'importe quel candidat à la présidentielle".

Une Marine Le Pen bousculée à quinze jours du premier tour, au risque de battre en brèche l'image autoproclamée de candidate de l'apaisement. 

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