Algérie : plusieurs hommes d'affaires proches d'Abdelaziz Bouteflika arrêtés

Ces milliardaires sont entendus dans le cadre d'une vaste enquête anticorruption. Dernière arrestation en date, celle d'Issad Rebrab, PDG du groupe privé Cevital, considéré comme la première fortune du pays.

Abdelaziz Bouteflika en février 2012. 
Abdelaziz Bouteflika en février 2012.  (FAROUK BATICHE / AFP)

L'opération "mains propres" continue en Algérie. Les gendarmes ont arrêté, lundi 22 avril, l'homme d'affaires Issad Rebrab pour "fausse déclaration concernant le mouvement de capitaux", a annoncé la télévision d'Etat. Considéré comme la première fortune d'Algérie, il est le PDG du groupe privé Cevital, qui emploie 12 000 personnes dans l'électronique, la sidérurgie, l'électroménager et le BTP. L'homme est aussi connu pour avoir racheté des entreprises en France, dont le groupe électroménager Fagor Brandt.

Il ne s'agit pas de la première arrestation d'hommes d'affaires. Dimanche soir, une fratrie de milliardaires, les Kouninef, a elle aussi été arrêtée. Les quatre frères doivent être entendus dans le cadre d'une information judiciaire pour "non-respect des engagements contenus dans des contrats conclus avec l'Etat, trafic d'influence pour obtenir d'indus avantages et détournements de foncier" notamment. 

Des proches de l'ancien président Bouteflika

La famille Kouninef a fait fortune sous le long règne d’Abdelaziz Bouteflika, qui a fini par démissionner de la présidence de la République début avril. Elle est réputée proche de Saïd Bouteflika, frère et ex-conseiller de l'ancien chef de l'Etat. Très influents mais très discrets, les frères Kouninef sont à la tête d'un empire allant de l'agroalimentaire au génie civil pétrolier.

Le chef d'état-major de l'armée, le général Gaïd Salah, avait appelé le 16 avril la justice à "accélérer la cadence" dans les enquêtes ouvertes pour corruption contre des hommes d'affaires liés à l'ancien clan présidentiel. Au début du mois, c'est l'ancien patron des patrons algériens, Ali Haddad, qui avait été écroué après avoir été arrêté, des devises non déclarées sur lui, alors qu'il se rendait en Tunisie. Ce riche homme d'affaires est également un proche d'Abdelaziz Bouteflika. 

Au lendemain de son arrestation, la justice avait annoncé l'ouverture d'enquêtes sur des faits de corruption et de transferts illicites de capitaux. Elle avait également interdit à un certain nombre de personnes de quitter l'Algérie, sans donner de noms, mais la presse avait révélé ceux d'une dizaine d'influents hommes d'affaires, tous liés à l'entourage du chef de l'Etat.