Algérie : la rue ne peut plus "encadrer" la candidature de Bouteflika à un 5e mandat

Absent physiquement de la campagne présidentielle pour cause de maladie, Abdelaziz Bouteflika est de tous les meetings de la majorité grâce à son portrait. Des jeunes brisent les cadres officiels en signe de protestation contre sa candidature pour un 5e mandat.

Portrait du président Abdelaziz Bouteflika à Alger, le 11 février 2019.
Portrait du président Abdelaziz Bouteflika à Alger, le 11 février 2019. (BILLAL BENSALEM / NURPHOTO)

La vidéo est surréaliste : des leaders du parti majoritaire du Front de libération nationale (FLN) ont offert un tableau au… portrait encadré de l’actuel président de la République algérienne, comme s'il était là en personne. "Le nouveau culte rituel autour du portrait du président a franchi un pic ce samedi 9 février 2019. Des dirigeants du FLN, qui tenaient un meeting à la Coupole du complexe à Alger pour annoncer la désignation du président comme candidat du parti, ont offert un cadre... au cadre de Abdelaziz Bouteflika", persifle Huffington Maghreb. Selon le site, "le cadre de Bouteflika ne fait plus rire".

La campagne présidentielle, sans la présence du principal intéressé, victime d’un AVC en 2013 et très diminué physiquement depuis, ne se déroule plus comme prévu pour les partis de l’Alliance présidentielle. Après la fronde des supporters de football, des jeunes s’en prennent aux portraits encadrés du président algérien.

A Annaba, 420 km à l'est d'Alger, la vidéo d'hommes piétinant le portrait d'Abdelaziz Bouteflika a fait le buzz sur les réseaux sociaux. 

Mardi 19 février, un portrait géant d’Abdelaziz Bouteflika a été arraché de la façade de la mairie de Khenchela et piétiné par la foule, entraînant le limogeage du maire par le préfet (wali). 

Les marches de protestation contre le 5e mandat se multiplient à travers le pays. Et sur les réseaux sociaux, le remplacement du candidat Bouteflika par son cadre est moqué par les internautes.

(Tweet du site parodique El Manchar)

Pour le pure-player TSA, "l'Algérie retient son souffle" après deux appels à manifester contre le 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika.