Algérie: les supporters de football, farouches opposants au "mandat de la honte" de Bouteflika

L’opposition à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat est arrivée de là où la majorité présidentielle ne l’attendait pas : de la rue… et des gradins des stades. Les supporters de différents clubs sont devenus plus audibles que les partis politiques de l’opposition.

Les supporters du club algérois CRB au stade du 5 juillet lors de la finale de la Coupe d\'Algérie en 2017
Les supporters du club algérois CRB au stade du 5 juillet lors de la finale de la Coupe d'Algérie en 2017 (BILLAL BENSALEM / NURPHOTO)

La campagne présidentielle, sans la présence du principal intéressé, victime d’un AVC en 2013 et très diminué physiquement depuis, a commencé dans une indifférence générale. Les promoteurs de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat font le minimum, sans grand enthousiasme. Une sorte d’apathie a gagné les deux camps, comme un énième remake d’une élection sans possibilité d’alternance, le résultat étant connu d’avance.

Puis, depuis vendredi 15 février, ils sont venus secouer les certitudes et sortir la campagne de sa léthargie : des supporters de football de différents clubs, sans se concerter, scandent dans la rue leur opposition au "mandat de trop".

(Bouteflika le Marocain (le président algérien est né à Oujda au Maroc en 1937), non au cinquième mandat)

Des supporters à Biskra, 420 km su sud-est d’Alger, ont déployé une banderole pour protester contre le 5e mandat. 

En Kabylie, à Kherrata, une marche pacifique a rassemblé plusieurs milliers de personnes avec des slogans propres à la région : "Pouvoir assassin", "Pas de pardon", en plus du "Pas de 5e mandat"

La presse algérienne fait état de nombreuses manifestations hostiles au président Boutefllika, dans les différentes wilayas (départements) du pays.

"Contrairement au quatrième mandat, les Algériens affichent clairement leur rejet de subir un autre mandat présidentiel sans un président présent et capable de s’adresser à eux, dans un contexte de crise économique qui va en s’aggravant", s'inquiète le site Algérie patriotique. 

Ces manifestations, non concertées, vont-elles durer ? "Ce mouvement anti-5e mandat semble spontané. Il tient de ce sentiment d’abattement que l’annonce de la candidature de Bouteflika a provoqué au sein de la société, notamment au sein d’une jeunesse dont la frustration est perceptible chaque jour. Reste à savoir si cette vague anti-5e mandat ira crescendo ou si, au contraire, elle s’estompera les prochains jours", s'interroge le quotidien francophone Liberté.