Algérie : le frère de l'ex-président Bouteflika acquitté en appel après une lourde condamnation pour "complot"

En première instance, Saïd Bouteflika avait été condamné à 15 ans de prison pour "complot" contre l'armée et l'Etat.

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France Télévisions
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Saïd Bouteflika, frère de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, le 19 mai 2012, lors de funérailles à Alger (Algérie). (FAROUK BATICHE / AFP)

Saïd Bouteflika tient une première revanche. Une cour d'appel militaire en Algérie a acquitté, samedi 2 janvier, le frère cadet et ex-conseiller du président déchu Abdelaziz Bouteflika, qui avait été condamné à 15 ans de prison pour "complot contre l'autorité de l'Etat et de l'armée".

Saïd Bouteflika doit désormais être transféré dans une prison civile en attendant son procès dans d'autres affaires de corruption liées aux 20 ans de règne de son frère, selon une source judiciaire. Il était jusque-là détenu dans une geôle militaire.

Arrêté en mai 2019 avec trois co-accusés, il était accusé de s'être réuni avec eux en mars 2019 pour élaborer un "plan de déstabilisation" du haut commandement de l'armée, qui demandait alors publiquement le départ du président Bouteflika pour sortir de la crise née du Hirak. Ce soulèvement populaire inédit a contraint le chef de l'Etat à renoncer à un nouveau mandat présidentiel et à démissionner, sous la pression conjuguée de la rue et de l'armée, en avril 2019.

Un "président bis" qui épaulait son frère

Les peines de 15 ans de prison de Saïd Bouteflika, de "Toufik", l'ancien tout-puissant chef du tentaculaire Département du renseignement et de la sécurité, et de son ex-bras droit Athmane Tartag, qui lui avait succédé, avaient été confirmées en appel en février 2020. Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), avait vu sa sentence réduite de 15 à trois ans, dont neuf mois ferme. Elle avait été libérée le 10 février 2020 après avoir purgé sa peine.

Saïd Bouteflika a été l'influent conseiller spécial de son frère Abdelaziz. Son pouvoir s'était renforcé au point d'être considéré comme le "président bis", à mesure que déclinait la santé du chef de l'Etat, victime en 2013 d'un AVC qui l'a laissé paralysé et aphasique.

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