Afrique du Sud : et si l'ancien président Jacob Zuma était candidat de l'ANC aux législatives de mai 2019 ?

Forcé de démissionner de la présidence sud-africaine en février 2018 pour cause de scandales de corruption, en cours de jugement pour les mêmes motifs, voici Jacob Zuma, 76 ans, pressenti par le Congrès national africain (ANC), le parti de feu Nelson Mandela, pour le représenter aux prochaines élections.

Le 30 novembre 2018, l\'ancien président sud-africain Jacob Zuma comparaissait libre devant le tribunal de Pietermaritzburg, poursuivi pour corruption, notamment dans une ancienne affaire de ventes d\'armes. Le juge a reporté l\'audience, à laquelle devra se présenter M. Zuma, au mois de mai 2019
Le 30 novembre 2018, l'ancien président sud-africain Jacob Zuma comparaissait libre devant le tribunal de Pietermaritzburg, poursuivi pour corruption, notamment dans une ancienne affaire de ventes d'armes. Le juge a reporté l'audience, à laquelle devra se présenter M. Zuma, au mois de mai 2019 (ROGAN WARD / X02832)

Alors que l'ex-président Zuma (2009-2018) n'en a pas terminé avec la justice – il a été prié de payer lui-même ses frais d'avocat – et alors qu'il se lance dans une carrière musicale, l'ancien chef de l'Etat n'en finit pas de surprendre.

Dernière éventualité en date : l'ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud, a sous-entendu début janvier 2019 avoir nominé Jacob Zuma comme candidat aux législatives prévues en mai prochain, alors que la formation s'était engagée à ne pas présenter de personnes impliquées dans des affaires de corruption.

"Nous en sommes encore à l'étape où chaque candidat doit accepter ou décliner" sa nomination, a expliqué Dakota Legoete, porte-parole du parti. "Nous ne voulons pas miner ce processus (...). Nous attendons que lui, le camarade Zuma, (et les autres candidats, NDLR) nous fassent savoir s'ils acceptent ou pas" leur nomination, a-t-il ajouté, comme si de rien n'était.

L'ancien président reste manifestement très influent au sein de l'ANC, où les camps pro et anti-Zuma continuent de s'affronter.

L'ANC en position électorale difficile

L'ANC, au pouvoir depuis la fin officielle du régime raciste de l'apartheid en 1994, aborde les prochaines élections législatives, prévues en mai, en position difficile.
Son image a été extrêmement ternie ces dernières années par les mauvais résultats économiques, mais aussi par les soupçons de corruption qui ont caractérisé les dernières années de la présidence Zuma.

Le parti a enregistré un revers historique lors des élections locales de 2016, où il a perdu des villes emblématiques comme Pretoria et Johannesburg.

L'actuel chef de l'Etat et nouveau patron de l'ANC, Cyril Ramaphosa, a fait de la lutte contre la corruption et de la relance de l'économie ses priorités, mais la première puissance industrielle du continent a plongé l'an dernier dans la récession.

De quoi comprendre pourquoi l'ex-président Zuma conserve des chances d'être élu, malgré son fardeau judiciaire et pourquoi l'ANC pourrait lui redonner une place sur sa liste.