Lieux culturels fermés : Julien Doré "comprend que ce soit bordélique et complexe à gérer"

"Je suis forcément étonné que ce soit une nouvelle fois la culture qui subisse beaucoup de choses" a déclaré le chanteur Julien Doré invité de franceinfo ce jeudi.

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Radio France
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Julien Doré, le 10 décembre 2017, à Tokyo. (KARYN NISHIMURA-POUPEE / AFP)

"Je suis étonné que ce soit une nouvelle fois la culture qui subisse", a réagi jeudi 17 décembre sur franceinfo le chanteur Julien Doré, une semaine après l’annonce faite par le Premier ministre Jean Castex que les salles de spectacle, les cinémas et les théâtres ne rouvriraient pas le 15 décembre. Le gouvernement a décidé de reporter la mesure au 7 janvier, au mieux. Il a dit "comprendre les raisons qui sont données", que ce soit "bordélique et complexe à gérer" mais s’étonne des raisons qui motivent la fermeture ou non de certains lieux. Julien Doré s'est aussi engagé en faveur des sinistrés de la tempête Alex, qui a frappé les Alpes-Maritimes en octobre dernier.

franceinfo : Est-ce que vous faites partie de ceux qui montent au créneau pour dire ça suffit ?

Julien Doré : Bien sûr, c’est extrêmement compliqué, surtout que ce sont souvent les artistes qui ont le micro porté devant leur bouche. Il y a un sentiment de culpabilité de se dire que finalement, je reste chanceux d'avoir la chance, comme ce matin, de pouvoir parler de ma musique. Et donc, forcément, je pense à ceux qui m'entourent dans mon équipe : les intermittents, musiciens, prestataires qui, depuis quasiment un an, ne travaillent plus. C'est à eux que je pense parce que sans eux, je serai totalement incapable de monter sur scène et je me dois, avec ce micro-là, de porter aussi leur voix, et la situation dans laquelle ils sont, qui est catastrophique.

Comprenez-vous les raisons avancées par le gouvernement, comme celle de limiter les déplacements ?

Je comprends les raisons qui sont données mais je suis étonné de voir ces raisons se déplacer différemment en fonction des secteurs : pourquoi untel ouvre ou pas. Je me rends bien compte qu'il y a des endroits comme le TGV que je prends toutes les semaines pour venir à Paris parler de ma musique où je me dis que, si au fond, je me trouvais dans ce même wagon avec une guitare, j'aurais peut-être la possibilité de créer un sourire, une émotion aux voyageurs nombreux qui sont dans ce wagon-là. Je comprends que ce soit bordélique et complexe à gérer. Mais je suis forcément étonné que ce soit une nouvelle fois la culture qui subisse beaucoup de choses.

Vous avez organisé une tombola solidaire pour les sinistrés de la tempête Alex qui a frappé les Alpes-Maritimes en octobre dernier. Est-ce que c’était une obligation pour vous, qui avez d'ailleurs une grand-mère qui a une maison dans la Vallée de la Roya ?

C'était un peu particulier pour moi l'organisation de cette tombola solidaire. Parce que généralement, dans mon éducation, mes parents m'ont toujours dit que la générosité se devait d'être silencieuse, pudique. C'est plutôt comme ça, d'ailleurs, que j'ai essayé de faire les choses depuis quelques années. Mais là, ces images-là, je me suis dit que voilà, il y avait besoin d'un grand coup de main. Alors, j'ai effectivement appelé mes camarades artistes, Cabrel [qui a offert le manuscrit de Petite Marie], Goldman, Angèle, Antoine Griezmann. La vente est terminée depuis hier soir, minuit. On a récolté un peu plus de 932 000 euros.100% des fonds sont reversés au Secours populaire que j'ai rencontré en allant justement dans les vallées pour voir leur action au quotidien. Ils ont une antenne là-bas qui œuvre au quotidien pour relancer plein de choses, reloger les gens et relancer aussi les aides pour les entreprises. 

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