Sécheresse : à quoi va servir la cellule interministérielle de crise, activée par Elisabeth Borne ?

Elisabeth Borne a annoncé l'activation d'une cellule interministérielle de crise, vendredi 5 août, pour coordonner les moyens de l'Etat face à la période de "sécheresse exceptionnelle" que traverse la France.

Article rédigé par
Hadrien Bect, édité par Valentin Moylen - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le lac des Brenets, à la frontière entre la Suisse et la France, dans le Doubs, le 4 août 2022. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Le gouvernement rattrapé par la sécheresse. Jeudi, 93 départements faisaient l’objet de restrictions d’eau, parmi lesquels 62 sont considérés "en crise", soit le niveau d’alerte le plus élevé. Alors que la Première ministre Elisabeth Borne a activé la cellule interministérielle de crise vendredi 5 août, le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, et celui de la Transition écologique, Christophe Béchu, sont en déplacement dans les Alpes-de-Haute-Provence. L'été 2022 "sera le plus sec que nous n'avons jamais connu", a reconnu Christophe Béchu. Il a également révélé qu'une centaine de communes, à ce jour, n'ont plus d'eau potable.

Remontée d'informations

Ce qu'il faudrait avant tout, c'est de la pluie mais le gouvernement n'a pas la main sur la météo. Elisabeth Borne a demandé aux préfets de réunir, "dès la semaine prochaine, dans chaque zone de tension", les commissions locales de l'eau et, lorsqu'elles existent, les autres structures de concertation locale de gestion de l'eau. Ce sont en effet les préfets qui peuvent restreindre l'usage de l'eau au niveau local. La marge de manœuvre de l'exécutif est donc extrêmement limitée.

La mission principale de cette cellule de crise est de faire remonter l'information, avoir une vision globale de la situation et organiser l'aide sur le terrain si cela devait être nécessaire. Elle assurera aussi un suivi "des impacts de cette sécheresse pour nos infrastructures de production d'énergie et de transport et pour notre secteur agricole, notamment le secteur de l'élevage", fait savoir Matignon.

Le gouvernement ne veut pas être pris en défaut d'inaction dans le cas où la sécheresse devait s'aggraver dans les prochaines semaines. D'autant que la sécheresse préoccupe jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Emmanuel Macron scrute la situation, notamment dans le sud-est, d'où ce double déplacement ce vendredi. 

Le "traumatisme" de la canicule de 2003

Tout retard à l’allumage en cas de crise serait désastreux pour l'exécutif. La canicule de 2003, gérée avec trop de légèreté par le gouvernement de l'époque, est encore dans toutes les têtes. Ainsi, les membres du gouvernement doivent être joignables, à proximité d'une préfecture ou d'une sous-préfecture en cas de réunion en visioconférence. Certains ministres, au premier desquels la cheffe du gouvernement, n'excluent pas la possibilité de déplacements estivaux, pas trop loin de leur de vacances. Elisabeth Borne fait savoir qu'elle part avec une "valise pleine de dossiers" : transition écologique (le sujet majeur de l'automne), emploi, préparation du séminaire gouvernemental de rentrée prévu le 31 août, selon les informations de franceinfo.

La Première ministre est dans le Var, à quelques encablures donc, du lieu de villégiature d'Emmanuel Macron, qui est lui, au fort de Brégançon. À ce stade, aucune rencontre n'est cependant prévue entre les deux têtes de l'exécutif.

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