"Quarante ans de vie dans un coffre de voiture" : à Belin-Béliet en Gironde, les habitants sont évacués en urgence pour fuir les flammes

Un mois presque jour pour jour après son démarrage, le feu de Landiras a repris de manière très virulente et s'étend jusqu'aux Landes. Le nombre total d'évacués s'élève à 10 000 personnes, dont 2 500 pour la commune de Belin-Béliet.

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édité par Phéline Leloir-Duault - Sébastien Baer
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les flammes dans la forêt, près de Belin-Béliet en Gironde. La ville de 5 000 habitants est la plus proche de l'épicente de l'incendie. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

A Belin-Béliet en Gironde, l'incendie est aux portes de la commune. Très tôt dans la matinée du 10 août, les Canadairs, les gros avions Dash et les hélicoptères, transportant des bombonnes de 4 000 litres d'eau, survolent la zone : la reprise de l'incendie de Landiras a déjà ravagé 6 200 hectares et poussé 10 000 habitants hors de leurs logements. A Belin-Béliet, ville de 5 000 habitants proche de l'épicentre, le ciel a pris une teinte sombre et une odeur de brûlé flotte dans les rues, seul le ballet des camions de pompiers anime la petite commune déserte. 

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En quelques heures, les flammes se sont dangereusement rapprochées et 2 5000 habitants ont dû quitter leur domicile en urgence, raconte Elionor, 19 ans : "Ce matin, on s'est levé et on a vu les nuages noirs au-dessus de nous. Ça bouleverse un petit peu, tout s'enchaîne très, très vite." Pour l'adolescente, c'était encore impensable il y a quelques semaines. "Quand il y a eu les premiers incendies en juillet, je me disais : 'imagine si ça vient jusqu'ici !' Et c'est ce qui arrive justement aujourd'hui. C'est vraiment impressionnant !", s'exclame-t-elle.

"Le feu est à dix mètres derrière la maison"

Dans les rues, les élus et les policiers font du porte à porte pour inciter les habitants à évacuer, quartier après quartier. Une salle des fêtes a été réquisitionnée non loin de là pour les accueillir. Dix-sept maisons ont déjà été détruites dans la commune. "Il y a des voitures partout, des Canadair au-dessus de nos têtes, des sirènes qui résonnent", énumère Evelyne, 66 ans. La retraitée a choisi de trouver refuge chez ses enfants, et elle n'a eu qu'une demi heure pour faire ses valises. "Bientôt 40 ans de vie dans un coffre de voiture et quitter sa maison, je pensais pas que c'était si stressant, déclare-t-elle émue. Mais oui, ça y est, on y est vraiment, il faut partir." Elle n'a pu emporter que quelques affaires, celles qui lui tenaient le plus à coeur. 

"On a pris l'essentiel : quelques vêtements, l'iPad, et surtout un petit album avec des photos de mes enfants à l'âge de deux, trois ans."

Evelyne, 66 ans, habitante de Belin-Béliet

à franceinfo

Un peu plus loin, dans le quartier le plus isolé du centre ville, les derniers habitants s'apprêtent à partir. Jean-Louis quitte sa maison pour s'installer chez sa fille, à Biscarosse. "Ça me fait un peu peur car la forêt est à dix mètres derrière la maison, confie-t-il. J'ai peur que le feu traverse la piste et atteigne ma maison. J'en ai des frissons, c'est impressionnant."

Dans la soirée, la ville est quasiment déserte. Seuls quelques irréductibles sont restés et refusent de quitter leurs logements. Pour le moment, "aucun blessé n'est à déplorer", affirment les autorités. Une cellule d'information a été ouverte au public, précise la préfecture de Gironde dans un communiqué, ainsi qu'une cellule psychologique. Plus de 1 000 pompiers vont se relayer dans la nuit pour combattre les flammes.

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