Ce que l'on sait des intempéries meurtrières dans les Alpes-Maritimes

Au moins 17 personnes sont mortes après de très violents orages qui se sont abattus, samedi soir, sur les Alpes-Maritimes. Quatre autres sont portées disparues.

Une voiture renversée dans une allée, le 4 octobre 2015, à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes).
Une voiture renversée dans une allée, le 4 octobre 2015, à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes). (BORIS HORVAT / AFP)

Une catastrophe inédite dans le département. Dix-neuf personnes sont mortes dans des inondations consécutives aux très violents orages qui se sont abattus, samedi 3 octobre, sur les Alpes-Maritimes. Deux personnes restent portées disparues.

Combien de victimes ?

Lundi après-midi, le bilan provisoire s'élevait à au moins dix-neuf morts et deux disparus, selon la préfecture. "Nous avons un espoir limité" de retrouver les disparus, indique la préfecture, qui précise que la plupart de ces personnes se trouvent dans "des sous-sols".

Trois personnes âgées ont péri noyées dans une maison de retraite de la commune de Biot, près d'Antibes. "Elles se trouvaient vraisemblablement au rez-de-chaussée et ont été noyées par une lame d'eau", indique la préfecture.

A Cannes, une femme d'une soixantaine d'années a été retrouvée morte près d'un parking. Une autre personne a trouvé la mort dans un camping d'Antibes. Trois autres victimes ont été découvertes à Vallauris-Golfe-Juan dans leur voiture, prise par les eaux en empruntant un petit tunnel.

Par ailleurs, neuf personnes sont mortes dans des parkings souterrains à Mandelieu-la-Napoule. Selon France 3 Côte d'Azur, elles étaient descendues pour sortir leurs voitures du parking et les mettre à l'abri. "L'eau est tellement opaque que les pompiers ne voient pas les corps. (...) C'est apocalyptique", décrit le maire, Henri Leroy. 

Quels dégâts matériels ?

Lundi à 9 heures, 9 000 foyers étaient toujours privés d'électricité, selon le décompte du gestionnaire du réseau de distribution d'électricité ERDF. Les principales villes touchées sont Cannes et Mandelieu-la-Napoule. 

Des éboulements de terrain ont eu lieu à Nice et des maisons ont été endommagées. "Certains véhicules ont été emportés jusque dans la mer", a raconté le maire de Cannes, David Lisnard, en indiquant que presque toute la ville était touchée. "C'est très spectaculaire, on a secouru beaucoup de personnes, on doit maintenant prévenir des phénomènes de pillages", a ajouté l'élu. Neuf personnes ont été arrêtées pour des "actes de pillage", a annoncé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, sur Europe 1.

Quelles conséquences pour les transports ?

Du côté des trains, "la circulation reste très perturbée sur l'axe Marseille-Nice", indique la SNCF sur son site. Dans le détail, certains des "TGV effectuant la liaison Paris-Nice sont supprimés sur la totalité de leur parcours. D'autres ont pour départ ou terminus exceptionnel les gares de Toulon ou Marseille", ajoute la compagnie. Pour les Intercités, "ils ont pour départ ou terminus exceptionnel Marseille", poursuit-elle, renvoyant vers son moteur de recherche pour obtenir des détails sur un train en particulier.

Le trafic des trains restera "fortement perturbé" mardi sur l'axe méditerranéen et la SNCF ne prévoit une"amélioration notable" qu'à partir de mercredi. "Le trafic TER et TGV restera fortement perturbé mardi 6, compte tenu de la vérification des installations de sécurité. Il y aura une amélioration notable à partir de mercredi 7", informe la compagnie.

La circulation a été rétablie, lundi, sur plusieurs axes routiers, dont l'autoroute A8, mais reste difficile dans le secteur de Biot, a indique la préfecture. L'accès à Sophia-Antipolis reste impossible à partir d'Antibes.

Pourquoi un tel bilan ?

Un déluge de pluie, samedi soir, a notamment entraîné la crue du petit fleuve côtier de la Brague et submergé des rues de Cannes, Antibes, Mandelieu-la-Napoule, Villeneuve-Loubet et Nice. Les Alpes-Maritimes se trouvaient alors en vigilance orange. "Est-ce qu'elle aurait dû être rouge ? s'interroge Eric Ciotti. Au regard de ce qu'il s'est passé, très certainement." Un prévisionniste interrogé par francetv info estime toutefois qu'un tel épisode était "impossible à anticiper".

Les pluies diluviennes ont cessé au milieu de la nuit et les orages se sont dispersés vers l'Italie. En deux heures, Cannes a connu reçu l'équivalent de deux mois de pluie, selon l'Observatoire français des tornades et orages violents.

Le bilan reste pour l'instant en deçà de celui des pluies torrentielles de juin 2010 dans le Var, qui avaient fait 25 morts, 31 560 sinistrés et près d'un milliard d'euros de dégâts.

Quelle réaction des autorités ?

D'importants moyens ont été déployés pour venir en aide aux habitants des Alpes-Maritimes. Deux hélicoptères des pompiers ont notamment enchaîné les rotations dans des campings près d'Antibes, pour mettre en sécurité leurs occupants, dont certains étaient réfugiés sur le toit de leur caravane. Des structures d'accueil d'urgence ont été ouvertes dans les communes sinistrées et des renforts de secours demandés au-delà du département.

Le président de la République, François Hollande, a exprimé, dimanche matin, "la solidarité de la Nation" et remercié "les élus et les acteurs du secours qui se sont pleinement mobilisés". Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est rendu sur place dimanche matin, "pour faire le point sur les opérations de secours". Il était accompagné du président de la République, qui a annoncé l'état de catastrophe naturelle dès mercredi.